CHAPITRE mil
considère comme parfaitement innocents de toutes les accusations portées contre eux; c'est sa conviction profonde; elle n'a ni ne peut en avoir d'autre; et, comme l'Eglise est la justice, elle ne peut, comme Pilate, condamner ce qui est juste, et se croire quitte ensuite en se lavant les mains, parce qu'elle aura, non pas fait, mais laissé faire...
» Au surplus, sont-ce donc les individus qui composent l'Association qui sontreprochables? Non, ils ont toujours été dignes de respect... Ce sont des saints, a dit un article du Journal des Débats, que je lisais récemment : comment donc de pareils hommes pourraient-ils apporter la peste dans l'enseignement ■ ? Que si je considère l'institut en lui-même, je le vois approuvé solennellement par le concile de Trente; depuis, en 1761, dans une assemblée générale du clergé de France, un seul évèque sur cent vingt et un leur est défavorable... Et c'était pour obtenir un avis défavorable aux Jésuites que le roi avait convoqué ces évèques... »
Après ce discours, tout fut fini : la séance terminée, IL Thiers saisit le bras de M. Cousin, s'écriant : « Cousin, Cousin, avez-vous bien compris quelle leçon nous avons reçue là? Il a raison, l'abbé; nous avons combattu contre la justice, contre la vertu; nous leur devons réparation. » Et à M. de Montalembert et à M. de Corcelles, qui le reconduisaient à son hôtel de la place Saint-Georges, il ne cessait de redire, interrompant à tout instant la conversation : « Oui, décidément, l'abbé Dupanloup a raison. » Et convaincu sur ce point, nous verrons comment il s'en expliquera à la tribune.
On sut ces choses, et quelques jours après le P. de Ravignan avait la joie de transmettre à l'abbé Dupanloup ces paroles de son général : «Veuillez bien témoigner à M. de Montalembert et à M. Dupanloup toute ma reconnaissance, pour le zèle courageux et dévoué avec lequel ils ont défendu et vengé la Compagnie en présence de MM. Cousin
1. Allusion à un mot, célèbre dans le temps, et regrettable, de M. Cuvillier-Fleury.
et Thiers et contre eux. C'est un dévouement bien digne de leur foi et de leur zèle pour la bonne cause. »
Heureux, l'abbé Dupanloup écrivait à la princesse Bor- .ghèse, à la date du 9 mai 1849 : « Il est une chose dont je ne vous dis rien, parce que ce serait infini ; je veux parler des résultats admirables, et d'une portée incalculable pour l'avenir, que nous avons obtenus à la Commission de l'instruction publique ; l'intervention de la divine Providence a été manifeste. »