CHAPITRE XXIV
Continuation du même sujet
Attaques dans la presse contre le projet de loi
Part que l'abbé Dupanloup prend à cette controverse
Discussion et vote de la loi
Il le faut bien reconnaître, sans l'accord fait au sein de la Commission, rien n'était possible; mais cet accord obtenu, et le projet rédigé par M. de Falloux, que de péripéties, que de luttes encore devait traverser cette loi ! II fallait d'abord la faire accepter du ministère, fort peu homogène, que présidait M. Odilon Barrot : ce fut l'œuvre spéciale du ministre de l'Instruction publique, c Si M. de Falloux, dit l'historien de ces débats, a mérité jamais l'épithète d'habile que ses détracteurs de toutes nuances lui ont décernée, et que ses amis se sont toujours empressés de ratifier, ce fut assurément dans ce tour de force et ce coup de maître l. » Ce point capital gagné, M. de Falloux déposa le projet de loi.
Mais ce projet une fois connu, il se fit contre lui une explosion d'attaques. De la part des révolutionnaires et des universitaires, on pouvait s'y attendre; mais de la part des catholiques, ce fut particulièrement amer aux hommes qui avaient tant combattu pour l'Eglise dans ces discussions préliminaires. Tandisque, selon les uns, l'Université était humiliée devant Y Eglise, et la France livrée aux Jésuites, que le moyen âge renaissait, etc., cette fraction de catholiques ardents, qui s'était constamment montrée hostile à l'altitude et aux idées de pacification préconisées par l'abbé Dupanloup, attaqua le projet de loi avec un