CHAPITRE XXIV
Mais les adversaires de la loi ne désarmèrent pas. « Nous persistons dans notre opposition , » s'écriait V Univers, le jour même où le P. de Ravignan écrivait la lettre qu'on vient de lire *,
« Qu'il soit bien entendu que cette loi n'est pas notre ouvrage, que nous ne sommes pas de ceux qui l'ont voulue, que nous l'avons combattue depuis le premier jour jusqu'au dernier, et dans son principe, et dans son ensemble, et dans ses détails2... »
c( Vous avez sacrifié les principes... Vous avez livré au jugement de l'Etat l'enseignement ecclésiastique... Vous avez proclamé le dogme de l'indifférence religieuse... Vous avez immolé les libertés municipales sur l'autel de l'Etat... Vous avez créé une armée d'instituteurs, de professeurs, d'inspecteurs, de recteurs, tous fonctionnaires3. »
Aujourd'hui les faits ont parlé ; l'expérience a prononcé: « Cette loi de 1850, disait récemment, devant une nombreuse assemblée de catholiques, un des hommes qui ont succédé à ces grands athlètes d'autrefois dans les combats d'aujourd'hui, cette loi qui a été la grande charte de l'émancipation de l'enseignement en France, cette loi obtenue après de si longs efforts et au prix de si glorieuses luttes, cette loi à la fois si modérée et si efficace, si scrupuleuse à tenir compte de tous les droits et de tous les intérêts, vous l'avez vue à l'œuvre pendant trente ans, vous savez quelle a été l'étendue de ses bienfaits pour la jeunesse du pays et pour le pays lui-même4. »
Le seul mal qui s'en est suivi, et celui-là est immense, et nous en souffrons encore, a été la rupture de l'union catholique. Avec quelle douleur nous relisons aujourd'hui ces paroles attristées de M. de Montalembert :
« Eh bien, cette union que j'ai conclue, ce travail en