CHAPITRE II. n
deries, catéchiste, éducateur de la jeunesse, prédicateur, directeur d'àmes, vicaire général, évêque; plus ce que n'a pas été M. Borderies. M. Frayssinous, M?r de Quélen, partagent-ils ces espérances? Il n'est encore qu'un écolier, et déjà ces sommités du sacerdoce l'admettent dans leur familiarité, le font asseoir à leurs côtés, le comblent des plus aimables attentions. Aux vacances qui suivirent, en effet, M. Borderies devait, avec M. Frayssinous, et l'évêque de Rodez, M. de Lalande, accompagner le coadjuteur chez sa tante, Mme Hocquart, qui habitait un château non loin du petit village de la Queue; il prit ses arrangements pour que le curé du village reçût chez lui le jeune homme qu'il ne voulait pas perdre de vue avant son entrée à Saint-Sulpice : il paya pour cela cent francs par mois. Ces vacanceslà furent donc partagées pour lui entre la Queue, la Roche- Guyon et Courcelles. « J'ai vu, écrivit-il à sa mère, la lettre que M. Borderies a écrite au curé de la Queue : elle m'est bien avantageuse ; il m'aime beaucoup. » A peine arrivé au château, M. Borderies le lit venir, se promena longuement avec lui dans le parc, sous les grands arbres ; pendant le dîner, le coadjuteur, qui avait encore présent à la mémoire son discours de la distribution des prix, daigna lui témoigner la plus grande bonté. A partir de ce moment, M?r de Quélen le suivit du regard, et quand il lui eut imposé les mains, le traita comme le fils préféré de son cœur. M. Frayssinous ne fut pas moins bienveillant. En passant au salon, il le prit par le bras, et dit en souriant : « C'est le passé qui s'appuie sur l'avenir. »
Cet avenir allait se décider à Saint-Sulpice. Une nouvelle existence allait commencer pour lui. « M. Borderies, dit-il, me l'indiqua d'un mot, et me fit une profonde impression, lorsqu'il me dit : « Votre entrée à Saint-Sulpice, c'est un grand pas. »