CHAPITRE V
Les catéchismes de l'Assomption 1825-1834
Le voilà prêtre : c'était le moment que M. Borderies et Msr de Quélen attendaient. Immédiatement, tout en le laissant à ses catéchismes, l'archevêque l'appela auprès de lui, afin de suivre et guider de plus près ses premiers pas.
On sait quelles grandes manières unissait Msr de Quélen à la simplicité la plus aimable : les hommes qui l'entouraient, tels que M. Borderies, M. Desjardins, If. Jalabert, ses vicaires généraux, étaient tous des prêtres éminenls, qui formaient autour de lui comme une cour grave et brillante, où Ton trouvait ce bon air, ce bon goût, cette liberté noble et décente, cette urbanité des anciens jours, ce respect qui s'eflace trop de nos mœurs actuelles; on y venait non seulement par politesse et par devoir, mais par goût, par attrait; on s'y plaisait par le charme indéfinissable qui atta( he à la distinction et à la dignité. Tous les hommes vénérables dont l'abbé Dupanloup prononçait tout à l'heure les noms à propos de Saint-Sulpice, pour ne parler que des ecclésiastiques, fréquentaient alors l'archevêché. Si jeune qu'il fût encore, déjà préparé par ses relations avec M. le duc de Rohan et Cour elles, il n était pas déplacé dans ce milieu où son éducation sacerdotale ne pouvait que recevoir sa perfection définitive.
Cependant tous les goûts, toutes les aptitudes du jeune prêtre étant pour l'œuvre des catéchismes, si chère à Ms* de Quélen, afin de l'y appliquer tout entier, l'archevêque ne tarda pas à le nommer vicaire de la Madeleine. Il vint donc, vers la fin de l'année 1826, s'établir modes-
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tement avec sa mère, enfin réunie à son fils, rue Royale, n° 8, sur cette paroisse. L'église de la Madeleine n'était pas alors ouverte au culte, et c'était la petite église de l'Assomption, rue Saint-Honoré, qui en tenait lieu.
Toutefois les catéchismes se faisaient, non pas dans cette église, mais à côté, dans une chapelle due à M. Feutrier. Comprenant toute l'importance, pour cette œuvre, d'un local particulier, où les enfants fussent chez eux, qui fut pour eux, — comme les Entretiens sur le catéchisme de l'évêque d'Orléans l'expliquent si bien, — un asile, un foyer, un bercail, M. Feutrier avait demandé et obtenu du gouvernement qu'on reculât de six pieds le mur de la caserne des Cent-Suisses, voisine de l'Assomption, et sur l'emplacement ainsi agrandi dont il pouvait disposer, il avait fait bâtir, au prix de 80 000 francs, une chapelle des catéchismes dédiée à saint Hyacinthe, patron de M?r de Quélen. C'est cette chapelle que l'abbé Dupanloup devait rendre si célèbre1. Il n'y avait alors que deux catéchismes à la paroisse de la Madeleine, l'un de filles, l'autre de garçons. M. Feutrier avait essayé d'y joindre un catéchisme de Persévérance, qui réunissait à grand' peine de soixante à quatre-vingts jeunes filles, lesquelles n'y venaient qu'un an ou deux après leur première communion. Tout changea de face quand l'abbé Dupanloup eut été chargé de ces catéchismes. L'année suivante, le nombre des enfants avait doublé; en 1831, il ajoutait à la Persévérance des filles un catéchisme de Persévérance pour le» garçons, sous le nom, bientôt si connu, d' « Académie de Saint-Hyacinthe » : en 1834-, quatorze cents enfants environ fréquentaient ces divers catéchismes.
Ce ministère fut la première gloire de sa vie : ce mot n'est pas trop fort, car il fit ces catéchismes de telle sorte, et il se montra là si éminent, qu'il jeta presque sur ces humbles fonctions, nous le répétons, de la gloire. Il ne pouvait y arriver mieux préparé et par les dons de nature et de grâce qui lui avaient été prodigués, et par l'intelli-
1. Elle est transformée aujourd'hui en école communale, et c'est l'église de l'Assomption qui sert pour les catéchismes.