Ibid.,v
d'amener insensiblement les enfants, par des impressions et des émotions successives, aux dispositions admirables que réclame une première communion.
Il y avait donc dans son catéchisme trois moments, trois grandes époques, correspondant aux trois moments les plus solennels de l'action de Dieu dans ces jeunes âmes; et chacune de ces époques avait son but propre et déterminé, auquel il ramenait tout : cantiques, instructions, avis, lectures, histoires: au-dessus de tout planait toujours l'image de la première communion, qui était le but suprême, la sainte et puissante excitation du zèle1.
Bien plus, chaque séance, quoique liée à l'ensemble, avait un but spécial, et devait produire une impression particulière: et tout vêtait combiné pour que cette impression fût vive, profonde, et autant que possible ineffaçable; de telle sorte que les enfants ne sortissent pas une seule fois du catéchisme sans avoir été remués dans le sens que l'on voulait, jusqu'au fond de L'àme.
Puis venait la retraite : dernier travail, dernier effort, achevant en trois jours l'œuvre déjà bien avancée, et portant les derniers coups. « J'ai vu constamment, dit-il, dans ces retraites d'incroyables effets de la parole évangélique sur les enfants; ainsi que le dit admirablement sainte Thérèse, j'ai vu la grâce de Dieu fondre sur ces jeunes âmes comme une aigle puissante aux ailes étendues, les ravir à la terre et les enlever jusqu'aux cieux -. » Mais pour faire produire a ces retraites de tels résultats, que de peine il se donnait ! C'est alors qu'il était véritablement admirable à voir et que la tendresse toujours croissante de son zèle arrivait a sa perfection. Ses sollicitudes allaient jusqu'à de vraies tortures3. A tout instant, il prenait la parole : avant les méditations, pour y introduire les enfants: avant et après les cantiques, pour les commenter et faire entrer jusqu'au fond des cœurs les sentiments qu'ils exprimaient ; avant et après les instructions, pour enfoncer plus avant les traits que le prédicateur avait jetés dans les àraes;
1 L'Œuvre par excellence, p. 360.