‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 2)Chapitre 72 sur 326 · Lettres au cardinal de Rohan · texte numérisé non relu

Lettres au cardinal de Rohan

tl8 VIE DE MONSEIGNEUR DUPANLOUP.

l'Eglise ; insoucieux de ce qui pouvait en être conclu contre la souveraineté temporelle du Pape en Italie. Et quant aux libertés politiques, la liberté de la presse, la liberté des culte% ils les proclamaient des principes, des droits inviolables. C'était le 16 septembre 1830 qu'avait paru le premier numéro de Y Avenir, Peu de feuilles remuèrent à ce degré les esprits ; les évèques étaient révoltés et de la témérité des doctrines, et de la hardiesse avec laquelle de simples écrivains ecclésiastiques ou laïques tranchaient des questions graves qui semblaient surtout du domaine des chefs de l'Eglise ; mais le jeune clergé était fasciné.

Cette fascination n'était pas à craindre pour l'abbé Dupanloup : son grand sens pratique eût suffi à le prémunir, et ce souffle, d'ailleurs, venait de régions où il n'avait pas encore vécu. Il était pleinement dans le courant d'idées de Saint-Sulpice, de M** de Quélen, du cardinal de Rouan, de l'episcopat français. Tout, dans Y Avenir, le repoussait : la violence du langage comme la hardiesse des thèses. L'Avenir, c'était pour lui la révolution dans l'Eglise comme dans l'Etat. Aux époques de lutte ardente, les nuances disparaissent. La nécessaire distinction qu'on établira plus tnrd, qu'il établira lui-même, entre h's libertés considérées comme institutions, comme simples faits, et les mêmes libertés proclamées comme principes absolus, personne alors n'y songeait, tout occupé que l'on était à combattre ce que les idées de V Avenir avaient de faux et de dangereux, plutôt qu'a dégager ce qui pouvait s'y mêler de vrai et d'utile. Il était donc, quant à lui, un des adversaires les plus résolus de Y Avenir. Nous ne voyons pas qu'il ait jamais eu des rapports personnels avec M. de la Mennais ; mais il en avait, et depuis longtemps, avec Lacordaire, nous le savons déjà, et surtout avec M. de Montalembert. C'est à la Roche-Guyon qu'ils s'étaient rencontrés pour la première fois ; M. de Montalembert avait alors dix-sept ans. l'abbé Dupanloup vingtcinq ; l'un était dans toute la fleur de son adolescence, l'autre dans toute la flamme de son sacerdoce ; le jeune homme venait de remporter le prix d'honneur de rhetn-

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