‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 2)Chapitre 90 sur 326 · CHAPITRE VII. t · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. t

pelle Saint-Hyacinthe, l'abbé Dupanloupeut la pensée de faire un livre; continuation et extension aux hommes d'un àue mur de son cher apostolat auprès de la jeunesse, et consolation aussi pour son cœur meurtri des tristes lutlesde la Madeleine. Ou plutôt, selon lui, ce livre était fait, il ne s'agissait que de le produire. Entendant au dix-septième siècle déjà le bruit sourd d'impiété précurseur de l'orage qui éclata au dix-huitième, Fénelon avait demande ce livre au plus grand génie théologique de 1 époque, Bossuet, et Bossuet l'avait souvent promis, sans avoir pu tenir sa promesse, ou plutôt il lavait dispersé dans ses nombreux ouvrages, comme Fénelon lui-même dans les siens : il n'y avait qu'à l'en extraire, et à le présenter aux hommes de ce temps-ci ; nouveau, quoique ancien, puisque, malgré le grand nom de son auteur, il était inconnu ; car, chose étrange, « on admire les grands hommes plus qu'on ne les connaît; on les admire même quelquefois pour se dispenser de les connaître1». Dans une lettre au Hegent, Fénelon lui disait qu'il voulait le rendre d'abord juif, puis chrétien, puis catholique : telle était, en elîet, la marche de cette démonstration du grand archevêque de Cambrai : contre les athées, il démontrait Dieu et la religion ; contre les déistes, et comme nous dirions aujourd'hui, les rationalistes, la divinité de Jésus-Christ et du christianisme ; contre nos frères séparés enfin, le catholicisme, l'Eglise. La foi reconquise, restait la pratique de la foi, la vie chrétienne : il y avait sur ce sujet des tresors^dans Fénelon, trésors que l'abbé Dupanloup gémissait (Te voir enfouis dans les quarante volumes de ce grand homme, ou la légèreté des hommes et des femmes du siècle se donnait garde de les chercher, tandis qu'on lisait avec passion « les Chants du soir, les Feuilles d'automne, tes Harmonies religieuses, et tous les pieux romans par lesquels nous nous imaginons, disait-il, revenir au christianisme * ». C'est ce qui lui fit entreprendre ce

1. Le Christianisme présenté aux hommes du monde, par l'abbé Dupanloup. Introduction.

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