‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 2)Chapitre 94 sur 326 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Labbé Dupanloup, Supérieur du Petit Séminaire de Saint-Nicolas

Aspect général de celte éducation

littéraire, morale, religieuse

Dans un des plus tristes et plus pauvres quartiers de Paris, un peu transformé aujourd'hui, entre les petites rues de Pontoise et de Saint-Victor, à côté de la modeste église de Saint-Nicolas du Chardonnet, se voit une maison antique, haute et noire: c'est là qu'au dix-septième siècle le pieux abbé Bourdoise avait établi une communauté de prêtres qui subsista jusqu'à la Révolution : après le Concordat, cette maison devint le Petit Séminaire de Paris. Il faut aller la visiter si l'on veut se faire une idée de ce qu'il fallut à l'abbé Dupanloup de ressources et d'habileté pour attirer là les enfants de la plus haute aristocratie parisienne, et y faire pendant les huit années qu'il y resta, on peut le dire sans exagération, une des merveilles de l'éducation chrétienne.

Il avait tout pour cette œuvre : la piété, le zèle, l'amour passionné de la jeunesse, les plus hautes vues en matière d'éducation; et pour les réaliser, l'activité infatigable, la puissance de la volonté, tempérée par le ebarme de la plus parfaite urbanité; le prestige du nom. le talent de la parole. Placé là non plus provisoirement, mais d'une façon définitive, non dans une position secondaire, mais entièrement maître de son action, il se dévoua sans réserve à cette mission nouvelle : il avait trente-cinq ans. Du reste, la Providence, loin de changer sa vie, le replaçait dans sa vraie voie, l'éducation chrétienne de la jeunesse. Heureux l'homme qui, dans la pleine maturité de l'âge, peut ainsi

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