‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 3)Chapitre 106 sur 259 · CHAPITRE VII. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. I

Tout cet état-major resta trois jours à l'évêché ; mai: le général commandant le 3' corps ne daigna pas mèm< parler à l'évêque. Le général de Tann se présenta, et vi les deux factionnaires à la porte, a Monseigneur, lui ditil avec une certaine satisfaction, cette fois vous ête: occupé par les Prussiens, les vrais Prussiens, ceux di Brandebourg. » Eux partis, un nombreux corps de méde cins militaires et d'infirmiers les remplacèrent; une am bulance de deux cent cinquante blessés prussiens fu installée dans l'évêché. Ils voulaient de plus expulser no: cinquante blessés français, et les remplacer par d'autre; blessés à eux. L'évêque fut superbe d'indignation. « Ja mais, entendez-le bien, leur dit il, pareille uifamie ne s( commettra sous mon toit, moi présent. Si vous le faites je pars! » lis n'osèrent pas passer outre. L'évêque fui réduit à son seul cabinet de travail et à sa chambre i coucher. Nous allions prendre nos repas chez M. labbf Rabolin.

Le préfet, M Pereira, fut traité avec plus de rigueui encore. Il en mourut, « prisonnier dans sa chambre, ol il expirait; isolé, jusque dans l'agonie ». Ses funérailles eurent un caractère particulier: « elles furent triomphale; dans leur simplicité même : nulle pompe officielle, nulk harangue d'apparat; l'éloge était dans le concours de toute une ville en deuil. Ce n'est pas sans émotion, nous le croyons, que les vainqueurs ont vu tous ces vaincus se presser autour d'un mort, le conduisant, leurs magistrats municipaux en tête, dans la vieille cathédrale de Sainte- Croix, où l'attendait, pour le recommander au juge su-

diquer? » Nous feignîmes de ne pas comprendre, a Le bureau de l'évêque, que voulez-vous dire? Son pupitre? Sa table de travail? — Non... la pièce où sont les papiers. — J'entends. Eh bien, les papiers de l'évêque, vous les trouverez là-bas. » Et nous lui montrâmes dans un angle de la cour le secrétariat. Il s'y rendit, et après une vive altercation avec le secrétaire, qui se refusait à exhiber les archives diocésaines, il fit mine, nous dit-il plus tard, de se tenir pour satisfait d'un simple regard jeté par lui dans cette pièce. Mais un autre officier, celui qui était chargé de poser les sentinelles, trouva mieux le bureau de l'évêque.

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prême, l'illustre évêque d'Orléans, toujours fidèle à toutes nos causes nationales ^ »

Toutes ces batailles avaient inondé de nouveau Orléans de blessés. Qui aurait pu s'attendre à voir outrager les Orléanais, si admirables de patriotisme et d'humanité dans cette guerre? Cependant la Gazette de S /^e^-Ze du 6 janvier contenait les lignes suivantes : a A Orléans, les Français ont exercé, avec préméditation, des atrocités sans nom sur les blessés qui se trouvaient dans les ambulances. » Une autre feuille ajoutait que les prêtres Orléanais avaient prêché en chaire le massacre des soldats prussiens ; une autre que, non contents du fer, les Orléanais avaient employé le poison. L'évèque crut qu'il lui appartenait de défendre l'honneur de ses diocésains, comme il avait défendu leurs biens et leurs vies, et il confondit toutes ces accusations dans une lettre adressée, le 28 janvier 1871, au rédacteur en chef de cette gazette.

c( ... Voici un témoignage éclatant, irrécusable, qui anéantit toutes les calomnies. Le général de Tann, commandant en chef la première occupation, a écrit au maire d'Orléans, à la date du 10 décembre 1870, les paroles que voici : (c Au dire de tous les Allemands blessés et malades, restés à Orléans après le départ des troupes bavaroises, le 9 novembre, le maire, ainsi que les habitants, ont tout fait pour satisfaire aux besoins des dits blessés... »

J) Ce qui est vrai, c'est que notre ville, placée par les tembles péripéties de cette guerre au centre de vingt batailles, a recueilli des milliers de blessés français et prussiens, et a été pour eux, comme je l'ai dit, admirable de charité et de dévouement; et nos médecins surtout d'un zèle au-dessus de tout éloge.

» Ce qui est vrai, c'est qu'il s'est ouvert à Orléans, spontanément, dans les maisons particulières, plus de trois cent cinquante ambulances, et que les blessés prussiens ou français y ont reçu les soins les plus empressés

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