CHAPITRE VIII
de Liège et de Berne ont révélé les Sainl-Just, les Hébert, lesChaiimette, les Carrier futurs d'une nouvelle révolution démocratique et sociale. »
» Quatre ans à peine se sont écoulés, et cette révolution s'est accomplie ; ces ouvriers, ces jeunes gens, ont été les maîtres.
» Et Paris est en cendres.
» Voilà comment Dieu se rappelle aux peuples qui l'oublient.
» Ah ! malheureuse société française, qui corromps ton peuple et qui ensuite es obligée de le mitrailler, jusqu"à ce qu'il te mitraille à son tour, quand donc sortiras-tu de ce cercle fatal? Quand tu auras retrouvé Jésus-Christ. Pas avant. »
Il y avait aussi dans cet écrit une invitation éloquente à M. Thiers : « Ne vous faites pas illusion sur la situation de la France, ô vous, qui que vous soyez, qui êtes appelés à la gouverner. Ne cherchez pas seulement à être habiles, quand vous pouvez, quand vous devez être grands ! ;>
Mais ni M. Thiers n'était homme à entendre ce langage, ni la frivolité française n'était capable de comprendre la leçon des événements. Le pays avait peu prohté de ces châtiments, ainsi que le prouvèrent, après les déplorables élections municipales de Paris, les élections complémentaires pour l'Assemblée nationale du ^ juillet. Qu'avaient à faire alors les hommes dont les convictions étaient monarchiques? Au plus vite la monarchie. « La parole est à la France, et l'heure est à Dieu*, » avait dit M. le comte de Charabord. La fusion, la réunion des deux branches de la maison de Bourbon, était le préliminaire plus que jamais urgent de la restauration.
Elle était aussi la pensée incessante, nous pourrions dire le tourment de l'évèque d'Orléans : « Il faut, répetait-il, être prêt à tout événement. » Et, sans perdre de temps, pour hâter ce préliminaire désiré, dès son arrivée à Bordeaux, il avait cru pouvoir s'autoriser des relations