‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 3)Chapitre 124 sur 259 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

LEVÈQUE D"0RLÉANS A L'ASSEMBLÉE NATIONALE

M. Tlùers président de la République

(Suite)

Élection de M. Littré à l'Académie française

L'évêquc d'Orléans donne sa démission

Il est élu président de la Commission nommée pour examiner

le projet de M. Jules Simon sur l'enseignement primaire

ÎSouvelles pétitions catholiques pour le Saint-Père

Paroles de l'évèque d'Orléans

Discussion de la loi militaire : cinq discours de Tévèque d'Orléans

Mort de M. Gochin

A son retour à Versailles, une rude bataille académique attendait l'évèque d'Orléans : quatre fauteuils, chose rare, étaient vacants à la fois, et pour l'un d'eux la candidature de M. Littré reparaissait. Nous ne pouvons parler qu'avec respect de M. Littré, qui, avant de descendre dans la tombe, adonné un si grand exemple de sincérité philosophique et de retour aux croyances spiritualistes et chrétiennes. Mais alors c'était toujours le chef d'une école dont les doctrines perdaient la France. Cependant M. Thiers, qui de plus en plus inclinait vers la gauche, patronnait cette candidature. L'Académie se donner à quelques années de distance un tel démenti! En face des Tuileries incendiées par le communalisme athée, élever aux premiers honneurs littéraires le grand apôtre de l'athéisme ! L'évèque d'Orléans fut consterné.

On ne sait pas, on ne saura jamais peut-être, les efforts faits obscurément dans l'ombre par l'évèque d'Orléans, et aussi par ses amis, placés plus près de l'Académie et plus mêlés à ces luttes pacifiques, pour conserver à la religion sa place d'honneur et son intluence dans ce sénat

22i VIE DE M0>' SEIGNEUR DUPANLOUP.

de l'esprit français. Leur correspondance, si on !a publie quelque jour, en pourra apprendre quelque chose. Ce fut le jeudi 19 décembre que les titres de xVI. Littré furent exposés par M. Guizot et quelques autres. Une telle candidature en de tels temps, soutenue par de tels hommes ! L'évéque revint, c'est son expression, « pénétré de douleur pour cette défaillance de ces pauvres âmes, de ces princes de l'esprit français ! » La discussion continua le ^ jeudi 26. Arrivé à Paris, M. de Falloux s'était hâté d'écrire .] à l'évéque : « J'aurais besoin de savoir le thème de M. Guizot et de M. de Sacy, afin de leur répondre aussi directement que possible. y> Sur-le-champ, l'évéque lui envoya quelques notes. Ce fut une séance mémorable. L'évéque d'Orléans, soutenu par M. de Falloux et quelques autres membres de TAcadémie, lutta avec courage pour écarter le candidat autrefois repoussé par elle. Voici les observations qu'il présenta, car il lui parut convenable de les soumettre à ceux de ses confrères qui n'avaient pu êlre présents à la séance, et, le lendemain, il les leur adressa: cette fois encore les imprimeurs durent travailler la nuit.

(( J'éprouve, Messieurs, en prenant aujourd'hui la parole au milieu de vous, deux peines : l'une, sensible; l'autre, très vive. La peine sensible, c'est de me trouver en dis- " sentiment profond avec M. X. (c'est de M. Thiers qu'il parle), ce qui ne m'est jamais arrivé depuis que j'ai l'honneur d'en être connu ; car même ce qui nous sépare nous a souvent rapprochés, et toujours avec profit et douceur pour moi.

» La peine très vive, c'est d'être obligé de parler encore contre M. Littré et sa candidature. Les relations qui avaient eu lieu entre M. Littré et moi, il y a huit ans, à l'occasion du vote de l'Académie, m'avaient laissé pour son caractère une estime, et, il me permettra de l'ajouter, pour sa personne une affection triste, qui m'ont fait éviter depuis de prononcer son nom dans mes polémiques pour la défense de la religion, là même où ses doctrines étaient en cause. Voilà pourquoi il m'est singulièrement pénible

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