‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 3)Chapitre 126 sur 259 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

née aux pauvres de sa ville épiscopale. Elle le fut en effet. Elle se montait alors a six. mille francs \

Cependant de nouvelles pétitions allaient ramener à l'Assemblée la question romaine. Enverrions-nous, oui ou non, un ministre au Quirinal? car il n'était pas encore question d'im ambassadeur. Les pétitionnaires demandaient que celte reconnaissance implicite du gouvernement italien n'eût pas lieu. Décidé, après en avoir longuement conféré avec un des hommes en qui il avait le plus de confiance, M. de Corcelles, à prendre la parole sur cette question, l'évêque d'Orléans prépara un important discours pour la conclusion duquel, ce qui était la chose capitale, il avait cru devoir s'entendre avec le représentant du Saint-Siège à Paris, M^"" Ghigi. Dans une lettre datée du 24 février, le Nonce lui déclara formellement, (( après avoir soumis la question au cardinal Antonelli, lequel prit à ce sujet les ordres de Sa Sainteté, » que, dans les circonstances présentes, « la grande majorité dans le vote devait être recherchée ^^2^5 que toute autre chose, tout en évitant cependant l'ordre du jour pur et simple. Une minorité, ajoutait le Nonce, qui resterait cramponnée à une rédaction d'ordre du jour, quoique très favorable au Saint-Siège, nous ferait plus de mal que de bien; car on en tirerait la conséquence que la cause du Saint-Père n'avait que quelques rares défenseurs dans l'Assemblée. »

Il y avait cependant quelques députés de l'extrême droite qui, sous prétexte qu'un fils ne demande pas à sa mère la permission de la défendre, voulaient braver ce péril d'une minorité certaine en réclamant un ordre du jour plus conforme à leur profond dévouement pour le Saint-Père. Le Nonce n'agréa pas ce zèle, et le 27 février il écrivait de nouveau à l'évêque d'Orléans : « M. de B. n'a aucun droit de parler au nom du Saint-Père, et je pense que Votre Grandeur, ainsi que vos collègues de l'Assemblée, voudront, en tout cas, s'en rapporter plutôt à ce que

1. M. l'abbé Braiichereau, légataire universel de M?'" Dupanloup, çn remit 3000 aux curés, et 3000 à M, le maire de la ville d Orléans.

230 VIE DE MONSEIG:sEUR DUPANLOUP.

j'ai eu l'honneur de leur signifier au sujet de la préférence qu'il faut donner à un ordre du jour peu explicite, mais qui sauvegarde le mieux possible le droit du Saint- Siège. »

Voici quelle était la situation en présence de laquelle le représentant du Saint-Siège donnait à l'évèque d'Orléans ces sages conseils :

(ï Quatre commissions, écrivait lui-même l'évèque d'Orléans au Saint-Père, en lui rendant compte de toute cette affaire, avaient été nommées pour Texamen des pétitions, et les quatre rapporteurs, quoique très bons catholiques, concluaient à Vordre du jour pur et simple, par cette raison que les pétitionnaires demandaient au gouvernement français ce que, dans la situation où se trouve la France, le gouvernement jugeait impossible de faire. »

« L'ordre du jour pur et simple, ajoutait Tévèque d'Orléans, c'est-à-dire sans un mot ni de sympathie pour votre personne, ni de réserve pour vos droits, me sembla absolument inadmissible, parce que le sens d'un tel ordre du jour eût paru un déplorable abandon du Saint-Père par TAssemblée nationale.

» Je n'ai pas la prétention de représenter PEglise à l'Assemblée, mais le caractère dont je suis revêtu m'impose des devoirs et me donne des droits que, par la grâce de Dieu, je ne mettrai jamais en oubli. J'agis donc, et je fus assez heureux auprès des quatre rapporteurs, dont la pensée et les sentiments étaient au reste d'accord avec les miens, pour leur faire substituer à l'ordre du jour pur et simple un ordre du jour motivé, s'en référant aux termes très explicites des rapports, dans lesquels les usurpations de ritalie étaient qualifiées d'attentats et les droits du Saint-Père formellement réservés. Et ce qu'il y eut de plus important, ce fut qu'on décida M. Thiers à accepter cet ordre du jour ainsi motivé. »

Telle fut la première phase de l'action de l'évèque d'Orléans dans cette délicate et difficile affaire.

Puis, divers ajournements de la discussion, à son grand regret, ayant eu lieu : « Je voulus, écrivait-il encore au Saint-Père, y mettre un terme, et je montai à la tribune

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