‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 3)Chapitre 128 sur 259 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

pour pouvoir le redire, que la politique qui a été si fatale au Pape a élé en même temps fatale à la France. {Applaudissements à droite; mouvement à gauche.)

» Puisse Dieu nous donner de meilleurs jours, et, dans la fermeté, la sagesse et Thonnêteté d'une politique meilleure, nous permettre de défendre efficacement et de relever comme il convient à la France des intérêts si chers ei si sacrés. T^ {Très bien f très bien! Nouveaux applaudissements à droite.)

Assurément il eût tenu un autre langage à l'Empire tout-puissant. Mais l'Assemblée avait à un si haut degré le sentiment du péril auquel il venait de la faire échapper, qu'elle refusa absolument, — à l'exception de l'extrême gauche et de quelques rares députés de l'extrême droite, — d'entendre M, du Temple, comme elle avait refusé d'entendre, au mois de juillet précédent, M. de Belcastel. Que si, condamné à ne pouvoir dire que cela, l'évêque d'Orléans eût préféré le laisser dire à tout autre qu'à l'illustre défenseur du pouvoir temporel, on eût incriminé son silence non moi s que ses paroles. Comme si, en effet, il eût été responsable d'une situation que, depuis douze ans, il avait tout fait pour conjurer, les colères d'un certain parti se déchaînèrent contre lui. VUniiers le compara à Pilate livrant Jésus-Christ ! a C'était, disaitil, un spectacle horrible à voir. » Bien plus, un de ses vénérés collègues, Ms Mabile, évêque de Versailles, dans l'émotion d'un zèle plus ardent sans doute que bien inspire, crut devoir le blâmer publiquement, lui^ et toute la droite de l'Assemblée. Contradiction étrange ! l'évêque de Versailles reconnaissait lui-même qu'une seule chose était possible, « une protestation en faveur des droits du Saint- Père». Mais précisément cette protestation avait été faite par l'évêque d'Orléans dans les termes que nous venons de dire. Blessés dans leur honneur et leur patriotisme,

1, « 0 profondeur des desseins de la Providence ! disait yu^ Mabile: il y a des hommes qui... pourraient faire beaucoup pour le triomphe des principes... Se seraient-ils mis par leurs antécédents dans l'impossibilité de servir utilement l'Eglise... ? »

23i VIE DE MONSEIGNEUR DUPANLOUP.

quatorze députés de la droite répondirent a l'évêque de Versailles, réclamant la liberté de leurs votes politiques, sous la responsabilité de leur conscience. Parut alors dans ï Univers, signé dun prêtre connu et respecté, un Cas de conscience, tissu d'étrangetés ihéologiques, dans lequel les députés catholiques qui avaient accepté le renvoi de la discussion étaient traités de pécheurs publics, et obligation leur était signifiée d'avoir à consulter, pour leurs votes, leur confesseur, avec droit d'en appeler de lui à l'évêque du lieu où siégeait l'Assemblée, et de celui-ci au Pape!

Qu'avait fait cependant l'évêque d'Orléans, si ce n'est de se conformer rigoureusement aux indications données par le Xonce? Aussi, M. de Belcastel lui-même, après 1 éclatante protestation qui avait élé faite à la tribune, écrivit-il dans ï Univers : « Un mot frappe dans la bouche de l'évêque d'Orléans, et il demeure comme la résultante des sentiments intimes de l'Assemblée. Ce mot, c'est que l'ajournement subi réserve intacts les droits imprescriptibles DU Saint-Père. Rien d'aussi précis n'avait été articulé. »

Et l'archevêque de Paris, M?^ Guibert, dans sa haute sagesse, écrivit à son collègue, si vivement incriminé . « Il ne faut pas trop être ému des attaques dirigées contre vous dans l'alTaire des pétitions. Après le discours de M. Thiers, vous n'auriez pas eu cinquante voix pour votre motion. Persister avec obstination eût été se condamner à un échec déplorable. Au lieu de blâmer, j'aime mieux m'en rapporter à ceux qui sont sur le terrain de la lutte, et que je sais d'ailleurs être entièrement dévoués aux intérêts du Saint-Père. » Ces attaques cependant, que M?'' Guibert conseillait ue dédaigner, émouvaient beaucoup d'esprits. Mais ni à l'auteur du Cas de conscience, ni à VUniiers, ni à personne, l'évêque d'Orléans ne voulut répondre. Seulement il épancha sa douleur par la lettre où nous avons puisé ces détails, dans le sein du souverain Pontife, déplorant « l'ingratitude et Finjustice .» de ces accusations ; il ajoutait, en terminant :

(( Il y a plus, ici se révèle une situation sur laquelle

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