CHAPITRE IX
tion. » Il n'avait pas cinquante ans. Peut-être la France n a-t-elle pas assez su ce qu'elle perdait en lui ! Il lui eût fallu la tribune. Simple préfet de Versailles, «parce qu'enfin, disait-il, il faut bien dans un tel temps faire ce qu'on peut pour son pays », à peine on le vit à l'œuvre que les plus prévenus eux-mêmes furent gagnés. Que l'évêque revint ému d'une visite qu'il fit, avec lui et yi"^"- Gochin, aux ambulances de Saint-GIoud! Et que cet homme aimait l'Eglise ! et le peuple ! Ils étaient deux mille employés du chemin de fer d'Orléans aux funérailles splendides que lui fit Versailles; leurs noms se lisent dans le magnifique album qu'ils ont offert à sa veuve. Quant à l'évêque, ce qu'il perdait ne se peut dire. Mais il revit, ce noble Cochin, dans l'écrit que lui a consacré M. de Falloux, et qui devrait être le manuel de la jeunesse catholique ^ Il revit surtout dans le livre posthume que la piété de l'un de ses fils vient de donner au public - : apologétique inachevée que l'évêque d'Orléans le pressait sans cesse de poursuivre, et dans laquelle, lui aussi, tout mort qu'il est, il parlera encore et longtemps à la jeunesse : livre qui, nonobstant des lacunes, sans doute, comme il s'en rencontre dans celui de Pascal, ^st plein aussi de lumières, de pensées fines, élevées, et d'une originalité aimable et vive. Mais pourquoi le louer, a4)rès le bel éloge qu'en a fait un éloquent évêque^V Bornons-nous à déposer sur la tombe de ce grand ami de l'évêque d'Orléans ce mot de Léon XIII : «11 a bien mérité de l'Eglise^ »
1. Augustin Cochin, par le comte de Falloux, in-12, chez Didier.