CHAPITRE X
ri fiés les plus grands hommes d'Etat en Angleterre et en France! » Au nom de la philosophie: «Nous pouvons, dans ce Conseil supérieur, être utiles à la philosophie ellemême. J'entends la philosophie spiritualiste, et vous l'entendez aussi... Nous ne consentirons jamais à donner même le nom de philosophie au matérialisme positiviste *t à l'athéisme, par respect pour l'esprit humain et pour } "esprit français. Mais quant à la philosophie spiritualiste, oh î nous la défendrons jusqu'à la fin ! » Au nom de Tédueation de i'àme, qu'il définissait dans un magnifique lani^age; au nom de la morale, et ici il écrasait cet absurde et honteux système de la morale indépendante dont son contradicteur, M. Brisson, était l'apôtre. Enfin, selon sa méthode de s'élever tpujours des côtés positifs d'une question aux sommets, il aborda la raison dernière, le principe même de la loi; là surtout il se trouvait face à face avec l'ennemi; la lutte devint vive, les frémissements mal contenus de la gauche éclatèrent, et sous le coup des interruptions les grands accents de l'orateur aussi :
(( Le Conseil supérieur de l'instruction publique en France doit représenter non pas seulement le gouvernement, ni l'université, ni le clergé, ni la science; non pas même les pères de famille à l'exclusion les uns des autres; il doit représenter tout cela à la fois, c'est-à-dire qu'il doit représenter la société elle-même, dont les plus hauts intérêts se confondent avec ceux de l'éducation... Eh bien. Messieurs, nous y avons naturellement notre place, car enfin, parmi les forces de la société, en dehors de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, il faut reconnaître qu'il y a une force morale dans l'Eglise, dans la religion. Eh bien, celte force morale, cette action, cette influence, mettez-les dans le Conseil supérieur de l'instruction publique : cela est parfaitement raisonnable. Point de privilège ; nous n'en demandons pas. Ce que nous demandons, c'est de n'être pas rejetés comme des parias. {Très bien ! très bien t) Ce que nous demandons, c'est qu'il n'y ait pas contre nous des lois d'exclusion, c'est qu'on ne nous éloigne pas du Conseil de l'éducation, parce que là est
notre place : la jeunesse le sait, et la jeunesse nous rend cet hommage et cette affection partout...
» Messieurs, vous avez besoin de toutes vos forces, vous en avez besoin pour raffermir votre société ébranlée. Vous avez besoin de la morale. Eh bien, je vous affirme qu'il n'v en a qu'une qui puisse vous sauver, c'est le Décaiogue. (Vive approbation à droite. — Mouvements divers à gauche.) S'il y a tant d'incertitudes dans vos conseils, si vous tremblez quelquefois sur vos bases, si la terre fuit sous vos pas, c'est que le Décaiogue vous manque!... Nous devons avoir une loi morale à laquelle nous nous soumettions, bon gré, mal gré... Quand vous la violez, quand vous niez Dieu, quand vous vous faites les maîtres indépendants de votre conscience et de votre vie, il n"y a plus que désordres et égarement... Nous représentons cette grande chose; et vous voulez nous exclure!... Non, vous ne prononcerez pas contre les évêques français Texclusion du Conseil supérieur de l'instruction publique...
» En vérité, quand on songe à ce que nous avons vu, à ce que nous avons souffert, à ce que nous souffrons encore : quand je vois les divisions ardentes, les passions violentes... (Vives interruptions à gauche.)
» .. Je n'hésite pas à le dire. Il n'y a pas besoin d'être au lendemain de la Commune pour le sentir — si, cédant à vos vœux et à vos votes présumés ; si, cédant aux violences et aux menaces dont la Commune, à Paris, à Lyon, à Marseille, a donné l'affreux spectacle, nous nous éloignions, si nous nous retirions au désert, emportant avec nous le Décaiogue, l'Evangile et la Croix, vous seriez stupéfaits de vos ténèbres. (Très bien ! et applaudissements à droite.) Si la civilisation chrétienne, que vos tristes efforts diminuent chaque jour dans ce pauvre peuple, disparais- j sait avec nous, la Commune de Paris serait bientôt partout, et vous deviendriez l'effroi du monde civilisé... »
Ainsi les grandes leçons étaient données par celévèque du haut de la tribune au pays, et, certes, il était heureux qu'il fût là pour dire ces choses que lui seul dans cette assemblée pouvait dire avec cet accent et celte autorité. Le