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L'ÉVÊQUE D'ORLÉANS A L'ASSEMBLÉE NATIONALE

Présidence du maréchal de Mac-Mahon

Tentatives de restauration monarchique

Correspondance de l'évêque d'Orléans avec le comte de Chambord

Essai de fusion : avortement des espérances

Ainsi, cette Assemblée faisait de bonnes lois, et il serait injuste de ne lui en pas tenir compte. Le malheur était que, entravée sur les questions fondamentales, elle n'avait pu jusqu'ici organiser que le provisoire dont périssait le pays.

La question politique était des plus graves. Il s'agissait de trouver entre le président de la République et l'Assemblée un modus vivendi qui permît d'éviter les conflits que l'intervention perpétuelle de M. Thiers à la tribune pouvait faire naître à tout moment. La gauche demandait avec ardeur la dissolution. Elle fut vaincue, après un mémorable discours de M. Dufaure, dans la fameuse séance du 14 décembre 1872. Alors l'Assemblée, pour prendre acte de la victoire, et «à Teffet de présenter un projet de loi pour régler les attributions des pouvoirs publics, et les conditions de la responsabilité ministérielle ï), nomma la fameuse commission des Trente. L'échec des partisans de la dissolution avait été complet, et Ton pouvait croire M. Thiers reconquis par la droite. « La grande majorité conservatrice, s'était écrié M. le duc d'Audiffret-Pasquier, n'est pas à faire; elle est faite. » Mais ces espérances ne furent pas de longue durée.

La pensée de l'évêque d'Orléan s sur la situation politique était celle-ci : La fusion à laquelle il avait tant tra-

vaille n'ayant pas eu lieu, et la division politique subsistant, malgré lui, sur la capitale question de la monarchie, ce qu'il souhaitait de toute son âme, c'était qu'au moins, en face des périls évidents que couraient l'Eglise et la société, l'union s'établît sur le terrain des principes conservateurs. C'est ce qu'il écrivait à l'évêque de Saint-Brieuc :

« 27 décembre 1872. Cher et vénéré Seigneur, vous aviez bien raison de dire que ce qui s'était fait déjà, à la date de votre lettre, était sérieux: ce qui vient de se faire samedi en est la preuve et la suite, et est plus sérieux encore. L'union s'est faite dans l'Assemblée sur le meilleur des terrains, sur le terrain des principes conservateurs. Il s'agit, en effet, de sauver avant tout la société menacée. La grande affaire maintenant, c'est que cette union ne se rompe plus ; c'est aussi qu'on puisse ramener et fixer vraiment le chef du provisoire où nous sommes à cette même politique résolument conservatrice. La commission des Trente s'y emploiera de son mieux, avec sincérité et fermeté. Mais toutes les difficultés sont loin d'être aplanies, et j'avoue que, quand je vois notre pays séparé de l'abîme par si peu d'obstacles, et que celui qui pourrait tout sauver en faisant sincèrement alliance avec les honnêtes gens, s'y refuse, je n'envisage pas sans une vraie frayeur l'avenir. Notre espérance est plus en Dieu que dans les hommes, si prompts à s'aveugler, à s'infatuer, si lents à ouvrir les yeux. Prions donc, cher Seigneur: c'est encore ce que nous pouvons faire de mieux pour notre pays. »

On avait appris une grave nouvelle, la mort de Napoléon IIL C'était pour M. le comte de Chambord une chance de plus; mais l'obstacle à la monarchie, c'était toujours cette fatale division de la maison de France. M. Thiers le sentait bien, et disait ironiquement du haut de la tribune aux monarchistes : « La monarchie, faites-la, si vous pouvez; je ne vous en empêche pas. Mais vous êtes divisés. > Comment donc mettre fin à ces désastreuses divisions ? L'heure pressait ; car enfin le pays se fatiguait de cette situation provisoire qui durait déjà depuis bientôt trois ans. Xous arrivons ici à un grand acte de l'évêque

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