CHAPITRE XII
de ces attaques. Quelques mots lui avaient suffi pour expliquer le sens de l'écrit, et éclairer le Journal de Florence., VUnità cattolica et l'archevêque* de Turin; mais, pressentant les angoisses de révéque,il pressait son retour. Averti par dépêche qu'il arrivait, porteur d'un bref, après être resté seulement quatre jours à Rome, l'évêque d'Orléans, qui se trouvait alors à Ecotay, chez M. de xAIeaux, l'attendit, contre toutes ses habitudes, jusqu'à onze heures et demie du soir, et, après avoir lu le bref avec une anxiété visible, comme respirant d'une oppression pénible, il le tendit sans mot dire à M. de Meaux. 0 tristesse de ces querelles ! cet évêque, qui venait de faire, à travers tant d'autres labeurs, cette belle défense de la souveraineté pontificale, tremble que, obscurcie par ces attaques calomnieuses, sa pensée n'ait été méconnue ! « Mais, Monseigneur, le bref est magnifique, » dit M. de Meaux, après l'avoir lu à son tour. « Voyons, » dit l'évêque, et l'ayant alors relu sans cette préoccupation : « C'est vrai, dit-il, ému jusqu'aux larmes, bénissons Dieu. » Le lendemain, avant cinq heures du matin, il appelait son vicaire général, à peine reposé de son rapide voyage, et écrivait au journal la France une lettre péremptoire qui ne permit plus aucun doute, faux ou sincère, sur sa pensée. Cette lettre se lerminait par ces paroles :
(( Après avoir lu ma lettre, et relu mon écrit, vous regretterez, j'en suis sur, de l'avoir interprété sans l'avoir connu tout entier; et vous regretterez, j'en suis sur aussi, d'avoir fourni, sans le vouloir, un prétexte aux calomnies de ceux qui se plaisent à semer des divisions dans l'Eglise, au moment même où elle a le plus pressant besoin d'union entre ses enfants et parmi ses défenseurs. y>
Le Pape disait : ((Vénérable frère, nous vous félicitons d'avoir employé les dons éclatants que Dieu vous a départis, votre talent, votre laborieuse activité, votre éloquence, à arracher du front de nos ennemis le masque de légalité dont ils s'efforcent de se couvrir... Quoi qu'il arrive, sans aucun doute, votre écrit est de nature, en affermissant les honnêtes gens, à ouvrir les veux à beau-
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coup de ceux qui sont abusés, et peut-être à faire naître une honte salutaire chez plus d'un de nos ennemis, et à les retirer de la voie fausse et coupable où ils se sont
Cependant à son retour la politique, bon gré, mal gré, le devait ressaisir. Membre d'une assemblée parlementaire, il entrait nécessairement plus avant qu'il n'eût fallu pour ne blesser personne dans ces questions délicates, complexes, oii, tout en voulant le même but, les meilleurs esprits peuvent n'être pas d'accord sur les moyens; où, à côté des principes, il y a leur application, la conduite, que modifient incessamment les faits changeants du jour. Nous écartons systématiquement les détails, et nous nous en tenons aux grandes lignes des événements; mais l'incident qui se présente ici fut trop grave, dans ses conséquences prévues et annoncées par Tévêque d'Orléans, et d'ailleurs le fond de sa pensée politique et les règles de sa conduite parlementaire y apparaissent trop, pour que, malgré la délicatesse du sujet, nous puissions le supprimer. C'est déplus lever un coin du voile qui couvre cette partie de son action à l'Assemblée, laquelle, pour avoir été cachée, n'en était pas moins influente. Nous parlerons donc du premier 16 mai, celui qui, en 1874, vit la fin du cabinet présidé par M. le duc de Broglie.
On avait fait, sous l'empire de la nécessité, le septennat; l'extrême droite elle-même, sauf sept abstentions, l'avait voté. Etait-ce un acte sérieux? Fallait-il, après l'avoir fait, lui refuser les moyens de vivre et d'accomplir la mission qu'on lui confiait, c'est-à-dire la défense de la société, la solution politique définitive demeurant toujours réservée, et, légalement, possible? Evidemment, non, pensait l'êvéque d'Orléans, et l'extrême droite semblait l'avoir d'abord ainsi entendu elle-même, et avoir pris, sous la réserve que nous rappelions, l'engagement de voter, ou du moins de discuter, les lois constitutionnelles.
Mais plus tard, irritée par un remaniement ministériel, et croyant voir dans ces lois constitutionnelles en voie d'élaboration un obstacle à la monarchie, elle résolut de