‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 3)Chapitre 170 sur 259 · L'EVEQUE D ORLEANS AU SENAT · texte numérisé non relu

L'EVEQUE D ORLEANS AU SENAT

Présidence du maréchal de Mac-Mahon

(Suitej

La villa Bon-Repos

Atteinte de la maladie

Invitation au centenaire d'O'Connell

Élections pour le Sénat

Deuxième voyage à Rome

Libelles publiés contre lui

Deuxième lettre à M. Minglietti. — La brochure Où allons-nous?

Fondation de la Défense

Le coadjuteur

Trois discours au Sénat

Le 16 mai

Premiers symptômes d'un nouveau mal

A travers tous ces travaux, sa santé, sans cesse inquiétée, ne se soutenait que grâce à ses consciencieuses prévoyances, et peut-être aussi au séjour providentiel de Viroflay* ; car la villa Bon-Repos, gracieusement mise à sa disposition parla vénérable M""" Dailly, était délicieuse avec ses pelouses, ses allées ombragées, ses beaux arbres, ses vues sur les grands bois. C'est là que M. l'abbé Bau-

1. En 1871, l'évêque d'Orléans habita l'hôtel de M"""- la baronne de Fréville, au coin des rues Satory et Saint-Antoine. En 187:2, il résida, avenue de Paris, d'abord dans la villa qui se rencontre la première après la grille ; puis, pendant un mois, dans le pavillon où avaient habité autrefois Mesdames, tantes du roi Louis XVI; au mois d'octobre de la même année, à la demande de M™* Arthur Legrand, sa nièce, dont le mari était collègue de M?rDupanloup à l'Assemblée, M"* Dailly fut heureuse d'offrir à l'évêque d'Orléans sa villa de Bon-Repos, à Viroilay. Il l'habita tant qu'il put aller à l'Assemblée.

tain aimait à passer la belle saison et qu'il a composé plusieurs de ses ouvrages : le nom de Bon-Repos la désignait bien, quoiqu'elle ne fût pas moins favorable au travail ; assez éloignée et assez rapprochée de Versailles pour écarter les solliciteurs, les importuns, sans décourager les amis, et aussi pour que, quand il pouvait se rendre à pied à l'Assemblée ou en revenir, ce lui fût un suffisant exercice, non une fatigue. Que de fois le vit-on passer dans celte avenue de Paris, le vieil évéque, tête nue, son chapeau à la main et son large parapluie ouvert, le front grave et pensif, ou aimablement épanoui, s'il avait quelque heureux compagnon de route î L'Assemblée lui laissail-elle quelque répit, et avait-il besoin, après une matinée laborieuse, de ce « spaciement », comme il disait, auquel il était accoutumé, à sa porte étaient les bois de Viroflay, agréables, même l'hiver, avec leurs longues et belles ou secrètes allées. Après le rapide déjeuner, nous partions ; arrivés à quelque rond -point, chacun s'en allait de son côté, avec son bréviaire et ses livres, jouir quelques instants de la solitude et de Dieu. L'été, la villa, que venait alors habiter M'"' Dailly, avec son petit-fils et sa petite-tille, M. et M"'' Anatole Leroy- Beaulieu, s'animait : excellemment bonne, hospitalière, de la plus charmante simplicité de manières et vivacité d'esprit, malgré son grand âge, pleine de sens et de grand sens, et d'enthousiasme pour toutes les bonnes et belles choses, 'SI'"' Dailly se plaisait à réunir autour d'elle enfants et petits-enfants \ parents et amis d'élite- : contiance et respect, douce gaîté, esprit, distinction, égards de toute nature, à tous ces agréments qu'il trouvait dans ses hôtes, l'évêque se faisait un plaisir de répondre par un simple et gracieux épanouissement.

Pendant l'été de cette année 1875, le jour de la Fête-

1. M""» Dailly avait trois fils, MM. Adolphe, Alfred et Amédée Dailly, qui venaient fréquemment visiter leur mère.

2. Les plus assidus étaient M. et M"- Legrand, qui habitaient une villa en face, et MM. les généraux de Villeis, qui ont commandé, l'un

à l'École polytecliniqne. et l'autre à Versailles.

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