‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 3)Chapitre 18 sur 259 · PRELIMINAIRES DU CONCILE · texte numérisé non relu

PRELIMINAIRES DU CONCILE

Nouveaux attentats contre Rome

Lettres de l'évèque d'Orléans à M. Ratazzi

Troisième Congrès de Malines

Mentana

Discussion au Corps législatif

Lettre de l'évèque d'Orléans à M. Thiers

Le voilà donc enfin chez lui, dans ce lieu si doux, si favorable à la prière et au travail, La Chapelle, tranquille, après le bruit et la gloire, heureux du bien accompli, et tout entier à ses chers travaux. Ils ne lui manquaient pas: travaux diocésains ; puis travaux d'un intérêt plus général ; enfin et surtout études préparatoires au Concile : tout cela dans un profond recueillement et une vie intérieure renouvelée : tels étaient ce qu'il appelle ses « doux plans ». Mais il comptait sans la traverse des événements.

Travaux pour son diocèse. Les deux années qui s'écoulèrent de la décision du Concile à son inauguration, furent une grande époque d'activité épiscopale pour M^f Dupanloup. Il avait en eflét à compléter pour son diocèse ses Règlements ; puis à approuver définitivement les Constitutions des Religieuses de Saint-Aignan. Depuis quatorze ans que cette importante communauté était fondée, il était temps d'en fixer définitivement les règles ; il revisa à fond le petit volume qui les contenait, et l'adressa aux Sœurs avec une lettre pleine de paternelle affection.

Il portait en outre dans sa pensée plusieurs lettres pas-

torales très importantes qu'il publia aussi dans cet intervalle.

Ses travaux d'un intérêt plus général étaient d abord ces entretiens sur le catéchisme, dont nous avons parlé : puis une Vie de Noire-Seigneur, qu'un pieux mouvement le portait à écrire, dans le but de faire sentir sans discussion, aux âmes sincères, à l'encontre de l'odieux roman que M, Renan venait de publier, le divin qui s'exhale pour ainsi dire de chaque page de l'Evangile; il y travaillait surtout le matin, entre son oraison et sa messe ^

Quant au Concile, il se proposait de lire successivement : VHistoire du Concile de Trente, dans Pallavicini, et le P. Longueval : Fénelon, Sur VinfaUlibililé du Pontife romain ; le beau livre de Grégoire XVI, Du triomphe du Saint- Siège ; e[ surtout de méditer ta loisir les postulata qu'il y aurait lieu peut-être de proposer, dans la grande assemblée, sur les maux réels du temps et les besoins vrais de l'Eglise.

Quant à la vie intérieure : « Tout est là pour moi, plus que jamais, écrivait-il. Oh ! que j'ai besoin de Dieu ! D'ailleurs, la mort est proche peut-être. D faut tout mettre en ordre, et tout achever de mon mieux ; paisiblement, au jour le jour; sans me précipiter, ni m'attrister tant de ce que je ne puis faire. Pourquoi celte tristesse décourageante? Dieu est si juste et si bon. A chaque jour sa peine ; chaque chose l'une après l'autre. Le travail pour Dieu, dans la paix, le calme et la vie intérieure, telle est la bonne et douce volonté de Dieu. »

En même temps, tout entier aux âmes, il laissait recommencer les directions, les retraites à La Chapelle ; hospitalier, il accueillait, avec simplicité et aménité, les hôtes, obscurs ou illustres, qui venaient le visiter. Passèrent là, revenant de Rome, plusieurs évêques étrangers, les évêques de Philadelphie et de Chilterston entre autres, qui le remplirent d'admiration en lui racontant les merveilles de

l. Cette Vie de Notre- Seigneur Jésus-Christ a été publiée chez Pion dans un volume magnifiquement illustré; il y en a aussi une édition

non illustrée.

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