CHAPITRE XIV
Nouveaux détails sur la piété de l'évêque d'Orléans
Chemin faisant, nous avons ouvert bien souvent comme des échappées de vue sur l'àme de cet évéque, afin que le lecteur put, à chaque moment, vivre en quelque sorte avec lui, voir ses pensées intimes, les sentiments qui, à chaque grande époque surtout de son existence, l'animaient et l'inspiraient. Nous voudrions maintenant regarder jusqu'au fond de cette àme, s'il était possible, et saisir dans le détail ce qui était, ainsi que nous l'avons dit, beaucoup plus que la vie extérieure, sa vraie vie, et le ressort de toute cette activité laborieuse. Cet arrêt, avant le récit de ses dernières années, en nous reposant un peu, nous fera en quelque sorte goûter davance cette sérénité, cet apaisement qui s'était fait alors en lui, et qui a été si remarquable. Et d'ailleurs, quoique nous ayons déjà beaucoup dit sur sa piété, il nous reste beaucoup à ajouter pour achever le tableau.
Le trait que nous devons d'abord et très fortement marquer, le voici : Cet homme, si répandu au dehors par l'action et la lutte, est, à un degré certainement peu commun, un homme intérieur; et ce qui domine tout chez lui, ce qui le définirait le mieux, c'est la piété. Avant tout, il fut un pieux évêque ; l'atmosphère où il se tient, vit et respire, c'est le surnaturel; ses dispositions habituelles, ce sont les vues de la foi ; le fond de son àme, c'est l'amour de Dieu et l'amour des âmes pour Dieu. Et l'aliment de cette vie en Dieu, ce qui attise perpétuellement cette flamme d'amour pur dont son cœur est le foyer, c'est la prière ;