‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 3)Chapitre 188 sur 259 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

travail^ ne l'a-t-on pas entendu dire : (( Il y a dans Bossuet, dans Fénelon, un beau texte qui ferait très bien ici : tenez, prenez tel volume de ses œuvres, et dorfnez-lemoi. » Et en un clin d'œil, il mettait la main sur le passage désiré. Plus tard, quand il fut évéque, il lisait surtout les Vies des grands évêques et des grands saints : la Vie et les œuvres de saint François de Sales; ses Lettres, son Introduction à la vie dévote, son Traité de V amour de Dieu; la Vie de saint Vincent de Paul, mais celle écrite par le pieux Abelly, évéque de Piodez: il avait encore cette Vie de saint Vincent de Paul par Abelly dans son dernier voyage à Einsiedeln, c'est le dernier livre qu'il ait lu ; la Vie de saint Charles Borromée, (( le modèle, dit-il, des évêques, et du gouvernement ecclésiastique » ; celle de Dom Barthélémy des martyrs, grand évéque portugais^ ; celles de saint Liguori -, de M^^ Jean d'Arenthon, évéque d'Annecy, et laVie plus récente de ^W Rey, également évéque d'Annecy, par M. l'abbé Ruffin'^; surtout la vie et les œuvres de sainte Thérèse. Quelquefois aussi il choisissait des livres modernes : Sainte Elisabeth de Hongrie, qu'il a lue et relue plus de cinq fois, toujours avec un charme extraordinaire; les Moines d'Occident, Sainte Jeanne de Chantai, la mère de Chaugy ; lesLettres du P. Lacordaire, de M"" Swetchine. Ces lectures, et tant d'autres que nous passons sous silence, attestent sa fidélité à ce salutaire exercice. Sa méthode n'était pas seulement de souligner les passages qui le frappaient, ou qu'il goûtait moins: mais surtout de relire ce qu'il avait lu, et, comme disait Fénelon, de « penser sa lecture ;>, afin de s'en pénétrer et de s'en nourrir.

Rentré chez lui, il s'occupait alors d'affaires, et surtout

1. Il goûtait tellement cette Vie, qu'il décida un prêtre distingué, M. l'abbé Bernard, à en donner une nouvelle édition, revue et augmentée : chez Poussielgue, Paris, 1870.

'2. Celle-ci, il la fit faire à nouveau sous ses yeux et sous sa direction, l>ar l'auteur anonyme (M"'^ la comtesse de Ptichemonty à qui nous devons aussi la Vie de M^'' Louise de Marillac, également inspirée par lui.

3. Il avait souvent engagé M. l'abbé Ptuffin à rééditer ou à refaire coite très édifiante vie deMsi" d'Arcnthon, dont le'style a un peu vieilli.

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de son immense correspondance. A partir de 1850, où il eut sur un œil cette cataracte, il dictait en se promenant dans sa chambre, son rosaire à la main, avec une facilité étonnante, ces lettres sur lesquelles nous aurons à revenir.

Il n'omettait jamais non plus sa visite au saint sacrement : (( Là, dit-il, on parle cœur à cœur avec Xotre-Seigneur; l'amitié se forme, s'établit et se sent. » Outre sa visite principale, réglementaire, il en faisait plusieurs autres, plus courtes, dans la journée, en passant devant sa chapelle ^

Chaque jour enfin, quelles que fussent ses occupations, il récitait le chapelet, et bien souvent le rosaire. Sa dévotion à la sainte Vierge, dont nous allons tout à l'heure parler plus en détail, goûtait cette simple prière; et le lecteur n'aura pas oublié ce touchant récit sur la puissance de VAve Maria, cité par nous dans notre premier volume, et plusieurs fois fait par lui en chaire. Nous ajouterons ici un trait, trop édifiant en lui-même et que nous avons recueilli d'une bouche trop auguste pour ne le pas mentionner. Lorsque nous eûmes l'honneur et le bonheur de déposer le premier exemplaire de ce troisième volume, publié après les deux premiers, entre les mains du Souverain Pontife, Sa Sainteté, dans cet entretien inouhliable qu'EUe voulut bien avoir avec nous, daigna nous parler longuement de sa haute estime pour les talents, les travaux et les vertus de i'évêque d'Orléans; et, en particulier, de sa piété, dont Elle avait eu une preuve personnelle bien touchante ; et Elle nous ht le récit suivant : « C'était en 1802, pendant cette grande réunion d'évéques qu'il y eut alors à Rome pour la canonisation des martyrs japonais. Le Pape Pie IX avait nommé trois cardinaux espagnols, et il y avait à cette occasion grande réception à l'ambassade d'Espagne ; les évèques, venus à Rome de tous les pays du monde, étaient charmés des facilités qui s'offraient à eux de se rencontrer. Je m'y rendis, un peu tard, et traversant, pour pénétrer, une salle déserte, j"a-

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