‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 3)Chapitre 195 sur 259 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

le petit sanctuaire de Notre-Dame de Toutes Grâces: après quoi, revenant sur ses pas, et traversant la voûte qui sépare le parterre du parc, il se rendit à la chapelle Notre- Dame de Lorette, où il pria longtemps. Nous trouvons tous ces détails dans une lettre que lui écrivait quelques jours après le bon supérieur, profondément édifié de voir quelles étaient, au milieu de ces débats dont l'éclat remplissait lEglise et la France, les pensées et l'humble et simple piété de cet évèque.

Naturellement celte dévotion s'étend aussi à saint Joseph :

« Grande douceur, écrit-il, de contempler ce bon saint avec Notre-Seigneur et la sainte Vierge dans sa pauvre maison. »

Une autre fois : « J'ai continué à méditer sur saint Joseph, à cause de la douceur et du fruit que j'y trouve toujours. Hier, en revenant le long de la Loire, je me représentais saint Joseph, la sainte Vierge et Notre-Seigneur, à Nazareth et dans les environs, se promenant le soir ensemble, Notre-Seigneur cueillant des fleurs pour sa mère... Saint Joseph lui disant : « Votre mère vous at|,end... vous appelle... » Notre-Seigneur accourant, l'appelant mon père; tous deux l'appelant Jésus!... Quel nom!... Notre-Seigneur faisant quelque course dans les environs; puis, revenant, frappant à la porte; iMarie venant ouvrir. Et puis, les repas pris ensemble; les entretiens : quels entretiens!... La prière en commun... »

Si Dieu en effet n'a pas dédaigné ces conséquences de l'Incarnation de son Fils, les moindres détails de cette humble vie humaine, auxquels il s'est assujetti, ne sont évidemment pas indignes, si grands esprits pensions-nous être, de nos plus attentives méditations, et les attendrissements que le cœur y éprouve ressemblent, dans celte âpre course de la vie, sur les sables, sous le soleil, à ces eaux rafraîchissantes, ou à ces doux ombrages, qui refont les forces du voyageur fatigué. Mais quelle touchante simplicité de cœur, néanmoins, dans ce grand évéque !

Parmi les saints qu'il aimait, et que nous connaissons

déjà, saint Paul, le grand apôtre, saint François de Sales, le grand directeur d'âmes, saintGharlesBorroraée, l'homme des œuvres et du gouvernement ecclésiastique, saint Vincent de Paul, l'homme de la charité, donnons une place spéciale à sainte Thérèse, cette grande contemplative, quoique cependant si active aussi, cette sainte qui reçut un jour au cœur dans l'oraison une flèche d'amour. « La vie de sainte Thérèse, écrit-if, m'a charmé; c'est une grande grâce du bon Dieu. Oui, c'a été un vrai charme, une douceur, une dévotion profonde. J'ai rarement reçu dans ma vie une bénédiction, une impression de grâce plus simple et plus vive. » « Je reprends, écrit-il l'année suivante, sainte Thérèse ; j'y ai trouvé l'année dernière des biens si doux, que j'y reviens cette année encore. » Et voici comment il explique lui-même l'attrait que celle sainte lui inspirait :

« Ce qui me frappe le plus dans cette vie, c'est de voir jusqu'où peut aller l'amour, la tendresse de Dieu pour les âmes : c'est vraiment extraordinaire.

» J'admirais que Dieu puisse se complaire à entrer dans un commerce si intime et si tendre avec une pauvre petite créature; y mettre ses délices et se plaire à faire en elle des choses merveilleuses.

)) Ce qui me frappe encore plus, c'est à quel point on sent que tout cela est vrai, certain. Quel sens divin, sublime! et cependant si simple! Quelle grâce Dieu a faite à son Eglise eu lui faisant révéler ces merveilles de son amour et de son infinie bonté par sainte Thérèse !

» C'est aussi une bien grande grâce que Dieu me fait que le goût de cette belle et sainte lecture! Après le bonheur et la grâce d'éprouver ces choses, bien loin sans doute, vient la grâce d'en goûter le récit, d'en comprendre quelque chose; d'admirer de si divines merveilles. »

Telles étaient donc sa dévotion et ses dévotions. De ses vertus, ou, si l'on aime mieux, des vertus qu'il s'efforçait d'acquérir, ne dirons-nous pas maintenant quelque chose?

Si l'on n'a pas perdu le souvenir de ce que nous avons raconté au premier volume, on se rappelle quels efforts il

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