‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 3)Chapitre 200 sur 259 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

l'a dit, s'il voulait tout prendre, c'était pour tout donner à Dieu^ ». ,

De là ses ménagements pour certains hommes, en qui il espérait des auxiliaiiies pour la religion ; et son attention à découvrir, à appeler, à encourager tout talent, toute force pouvant être mise au service de Dieu.

De là son intrépidité, son ardeur dans la lutte, son attraction, pourrait-on dire, vers le péril, et sa puissante activité. « 11 avait toujours Tair, a-t-on dit ironiquement, de courir vers quelqu'un ou quelque chose. » Oui, mais quand ce quelqu'un c'était l'ennemi, quand ce quelque chose c'était le devoir. 11 était un athlète, le mot est de M. Cousin, en même temps qu'un apôtre. On le comptera parmi le petit nombre d'hommes qui, dans notre temps, n'auront jamais connu les molles inerties, les lâches abandons, les coupables défaillances, les habiletés cachant le calcul sous la réserve, et l'ambition sous le silence. a Dans ses véhémences les plus hardies, soit qu'il se tint dans la mesure, soit qu'il la dépassât, jamais de mobiles inférieurs, jamais de vanité, ou de rancune, ou de jalousie à satisfaire ; ses colères venaient de plus haut, elles partaient d'une émotion vraie et dun sentiment pur, elles avaient toujours le sonde l'honneur^ »

L'honneur ! qui en eut plus que lui le her et délicat sentiment ? C'était là encore un des traits caractéristiques de sa nature. 11 n'a tlatté aucune puissance ; il s'est tenu debout devant toutes; sans pourtant s'aveugler sur les situations, il n'a jamais regardé au nombre quand il fallait combattre, et la justice violée, la faiblesse opprimée, la vérité étouffée, n'ont jamais compté en vain sur sa parole. S'il a considéré comme une des grandes choses de sa vie la polémique où il a dû se faire un jour le justicier d'une trahison dans l'Eglise ^, c'est que l'honneur, le plus saint honneur, était là en cause.

Mais dans la vie privée, quelle simplicité, et nous allions

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