‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 3)Chapitre 209 sur 259 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

obscur des exercices journaliers de la vie chrétienne ont droit de se répéter : Euge, serve bone et fldelis, i^tra in gaiidium Domini tui; convâge, bon et tidèle serviteur, ■entre dans la paix de ton Seigneur. Et encore celte autre parole: Pater tuus qui videt in abscondito, reddet tibi; le Père céleste qui voit dans le secret vous rendra tout. » Combien il en a tracé de sa propre main, de ces règlements ! Car il ne craignait pas de se donner celte peine, de prendre ses enfants spirituels en quelque sorte par la main, afin de les mettre dans le chemin. Les exercices fondamentaux étaient les mêmes : ceux que nous connaissons; il y ajoutait presque toujours des prescriptions adaptées à chaque personne. Ces prescriptions particulières, d'ordinaire il y tenait fortement, mais quelquefois -aussi il provoquait des observations, attendant ce que révélerait l'expérience; les modifiant ensuite, si besoin était.

Un des points importants de ces règlements était la communion :

c( Quant à vos communions, je ne doute pas qu'elles ne vous protitent; je ne dis pas assez ; non seulement elles vous profitent, mais elles font tout en vous, et vous sauvent; sans elles nous n'aurions rien fait.

» Continuez donc, humblement, courageusement, joyeusement même, comme dit saint François de Sales, et tout ira bien. -»

11 voulait amener les âmes à la communion fréquente, et doucement, tendrement, il écartait les vaines craintes, quand ce n'était que cela; la persistance des misères, quand la bonne volonté, quand l'eflort persistait aussi, loin d'être à ses yeux une raison de s'abstenir, était un motif de plus d'approcher, si l'humilité s'y joignait :

(( Mon enfant, rien n'est meilleur que de communier avec les sentiments que vous me dites. Saint François de Sales dit quelque part que les grandes eaux de la divine bonté, de la divine miséricorde, descendent avec joie des collines éternelles jusque dans le fond des humbles vallées; et je lisais ce matin, dans sainte Thérèse, que l'abîme de l'humilité et de la misère véritablement humble

est comblé avec une douceur infinie par l'abîme de la miséricorde. »

Il attirait donc à la sainte communion, incessamment, mais sans violence; sans relâche, mais sans secousse; avec ses saintes habiletés accoutumées, mais avec tous les ménagements nécessaires :

c( Tenez-vous-en constamment à nos quinze jours, et communiez plus souvent quand vous en sentez le besoin pour vos faiblesses et vos tristesses. Il n'est pas même nécessaire que vous en sentiez le désir par pur amour de Dieu : le bon Dieu en serait bien content, mais il se contente quelquefois à moins, en attendant mieux. »

L'expérimenté directeur savait bien qu'en n'allant pas trop vite, en attendant, tout en la sollicitant, l'heure de Dieu, la fréquente et même la très fi'équente communion viendrait.

Le moyen, du reste, de se la faire pardonner de ceux qui, sans communier eux-mêmes, sentent pourtant que la communion doit avoir des résultats, il l'indiquait un peu plus tard à la même personne:

« Faites sentir à tous ceux qui vous entourent la douceur, la condescendance, l'alYeetion cordiale, l'humilité simple et naïve qu'inspire la grâce de Jesus-Christ; faites tout cela de votre mieux, peu à peu ; et on finira par bénir Dieu de vos communions fréquentes. »

Non seulement on les lui pardonna; mais sa piété, rayonnant autour d'elle, mérita bientôt que le sage directeur put lui écrire :

« Je suis bien aise de vous dire que le bien que vous remarquez autour de vous ne m'étonne pas. Outre ma très grande estime et inclination pour celui dont vous me parlez (son mari), j'ai toujours pensé qu'une femme qui communie souvent et qui s'améliore, par là même devient, bon gré mal gré, une bénédiction irrésistible. Je suis particulièrement touché de ce que vous me dites de lui. La grâce de Dieu est là. »

Il ne manquait jamais non plus d'insérer dans ses règlements un article spécial pour les retraites. Mais il ne se

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