CHAPITRE XVI. iO
du temps, c'est leur affaire; laissez-les tirer à eux; e vous, tirez du côté du bon Dieu. »
Et à une autre mère, très attentive à cultiver les dons de Dieu dans son cher enfant déjà adolescent :
a Faites tout pour empêcher les déchéances de sa petit( ferveur, et surtout qu'il se confesse tous les huit jours, e communie tous les quinze jours, selon que son confesseui jugera à propos de le lui permettre... »
Une autre fois :
« Je suis convaincu que la voie d'autorité est de beaucoup la meilleure avec les enfants et les jeunes gens.
» Je suis même convaincu que c'est l'autorité qui nor seulement les met dans la vraie vertu, mais les y met avec plus de douceur que les vains et faux ménagements.
» Mon avis est qu'au moins pour l'année prochaine puisque cette année n'est pas possible, vous décidiez poui P... avec autorité ce qui lui convient le mieux, et sans k consulter.
» La décision est dans l'ordre de la Providence ; la consultation, non.
» Tout ceci ne veut pas dire sans bonté ni même sans tendresse exprimée; mais cela veut dire que les enfants et les jeunes gens eux-mêmes ont besoin d'être gouvernés, et ne sont heureux que quand ils sont gouvernés sérieusement. »
Un point capital dans sa direction des femmes chrétiennes, c'étaient leurs devoirs de maîtresses de maison. I] a dit sur ce sujet dans ses conférences des choses hier sensées et bien pratiques. Il y revenait incessammeni dans ses directions. Voici com.ment il présentait ce capital devoir à une jeune femme qui, placée à la tète d'une maison considérable, répugnait aux multiples occupations que cette situation impose :
« Vous alîez donc vous trouver en face d'une vie toute nouvelle, maîtresse d'une grande maison, avec de nombreux et sérieux devoirs à remplir. Il faut, comme vous le dites très bien, asseoir votre intérieur sur des bases solides, et répondre à la confiance de votre mari par le soin
de cette maison, de ces nombreux domestiques, et de tout ce qui dépend devons en cette nouvelle existence. Tandis que M. de..., vous confiant les détails, présidera aux o:randes affaires, veillera à tout et gouvernera tout au dedans et au dehors, vous, en ce qu'il vous remettra, vous vous montrerez digne de cette confiance et de cette mission providentielle.
» Un de vos premiers soins doit être le soin de vos gens. Vous devez aider votre mari à les bien choisir, prendre sur eux autorité avec douceur, les traiter avec bonté, tout en suivant de près le travail de chacun, les avertir sans dureté, et aussi sans une timidité et une mollesse dont auraient à souffrir votre mari, vos enfants, et tout le service de votre maison.
y> En ce qui concerne ce service, il faut savoir vous rendre compte, et ne pas laisser aller les choses une fois réglées, mais y veiller et les bien maintenir.
» Quelle que soit la mesure de votre action sur vos gens, vous veillerez autant que possible à ce qu'ils observent leurs devoirs de religion et ne soient pas le scandale du pays.
» Sans doute, pour les sacrements, vous ne les forcerez pas, il ne faudrait pas en faire des hypocrites ; mais, outre les bons exemples que vous et votre mari leur avez toujours donnés, de bonnes paroles, au besoin et avec discrétion, peuvent faire beaucoup.
» Et une chose du moins que vous pourrez toujours, c'est de veiller à ce qu'ils aient toujours le temps et la possibilité de faire leurs devoirs.
y> En un mot, il faut vous considérer comme ayant un peu charge d'àmes à leur endroit, et mettre au nombre de vos préoccupations les plus sérieuses celle de leur salut.
» Et quand ils seront malades, ne manquez pas de leur témoigner de l'intérêt et de l'affection, de leur donner des soins et au besoin quelques secours; grand moyen de gagner leur cœur et d'augmenter sur eux votre heureuse influence; et charité bien agréable au cœur de Xotre-Seigneur.
î» Une autre chose qui vous demandera un grand soin,