‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 3)Chapitre 234 sur 259 · CHAPITRE XYII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYII

Maladie de l'évêque d'Orléans — Son séjour à Hyères

Le centenaire de Voltaire — Les vitraux de Jeanne d'Arc

Le denier de saint Pierre

Sa mort et ses funérailles

Nous abordons maintenant cette dernière phase de la vie de l'évêque d'Orléans où, une lente maladie ra}ant atteint, tout en le laissant debout, combattant et travaillant toujours, usa peu à peu ses forces, et le conduisit insensiblement au tombeau.

Depuis quelque temps les névralgies dont il souffrait par intervalles étaient devenues plus fréquentes et plus aiguës: le docteur X. Gouraud, son médecin et son ami, les combattait assez heureusement. La marche aussi commençait à le fatiguer; il éprouvait des essoufilements s'il se promenait pour réciter son bréviaire dans une allée qui n'était pas parfaitement horizontale. Quand enfin, après avoir couvé quelque temps, le mal éclata, et que l'évêque fut obligé de s'arrêter, le spectacle que l'on eut aloi^s fut douloureux, mais édifiant. Condamné à l'immobilité, lui, le grand homme d'action, il toucha profondément tous ceux qui l'approchaient par la patience et la douceur avec lesquelles il supportait tous ces ennuis. Assis dans un fauteuil, le pied malade appuyé sur un petit escabeau, il vaquait paisiblement k ses ordinaires travaux, inquiet seulement de la chose publique et du mouvement qui paraissait emporter le pays. Il écrivait de fréquentes lettres à Versailles, conseillant à la fois la conciliation envers les personnes et l'énergie dans l'action. Les élections, on le sait, constatèrent la défaite définitive

du parti conservateur en France. La douleur de l'évêque d'Orléans fut profonde, et ses prévisions sur les conséquences fjui en résulteraient pour les intérêts religieux ne devaient que trop se réaliser. Elles assombrirent ses derniers jours.

Ce qui le consolait dans ses tristesses, c'était un travail déjà commencé, et auquel il se remit avec ardeur : une série de lettres sur l'éducation des jeunes filles, que devait suivre une autre série de lettres sur l'éducation des jeunes femmes. Pas l'ombre d'un déclin intellectuel, mais aU'aiblissement graduel de cette robuste constitution; et toujours une calme possession de lui-même, une patience, envers tous et envers tout, une sérénité, qui indiquait un commerce de plus en plus intime et constant avec Dieu : et en elîét, sa lidelité à tous ses exercices de piété était plus que jamais exemplaire. Ainsi s'écoula l'automne.

On ne voulut pas, bien que le mal parût enrayé, qu'il passât l'hiver à Virotlay; on lui prescrivit le soleil dllyéres. En s"y rendant, vers la (in de décembre, il se détourna jusqu'à Moiitpellier, pour y consulter le célèbre docteur Combal,qui le retint chez lui huit jours. Il y aurait ingratitude à ne pas mentionner ici les attentions empressées de quelques amis qu'il retrouvait là; entre autres M. le baron de Pins, gendre de M. Combal, et M. Frédéric Fabrège, noble cœur, vif et large esprit, qui ne fut pas un seul jour sans se mettre à son entière disposition, et lui fit, un dimanche, avec une courtoisie parfaite, les honneurs de Maguelonne, et de cette antique é^^lise, dont il a acquis la propriété, et que son goût éclairé des arts a si bien restaurée. Le nouvel evêque de Montpellier, M='' de Cabrières, se fit un honneur et une joie de l'entourer de prévenances, ainsi qu'à Mmes AR^' Besson, et à Marseille M^^" Place.

Il resta à Hyères jusqu'au commencement d'avril, de Tannée suivante, 1878, recevant la plus délicate hospitalité tantôt chez M. le comie et M"'' la comtesse de Rocheplatte, ses fidèles et dévoués diocésains, qui possédaient là une villa, la villa Jenny, et tantôt chez M. le baron de

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