M'J>- Dupanloup, par M. de Falloux
étaient en relations particulières avec M. Diifaure, le suppliaient aussi d'oublier les froissements de l'homme d'État pour n'écouter que les sentiments du chrétien, intelligent des véritables intérêts religieux.
Ces instances et ces raisons n'étaient pas sans faire impression sur M. Dufaure. On sut même, le ministre lit savoir que tout en gardant encore une certaine réserve officielle, à cause des gauches, il était résolu à ce que la chose se fît. Mais il y avait cette demande dinterpellation, désagréable au ministère. Un ami de M?'" Dupanloup prit donc sur lui de venir demander à Tévéque de ne pas entraver, par un acte qui ne paraissait pas obligatoire, la bienveillance du Saint-Père et les intentions plus favorables du gouvernement. Celui qui se chargea de la mission aurait pu prévoir la réponse. Aucune considération personnelle ne pouvait arrêter l'évêque d'Orléans, quand il s'agissait de l'honneur et de la défense de l'Eglise. Ce n'est pas lui qui serait resté muet devant un scandale, ou devant des lois menaçantes, ou des décrets iniques, pour une espérance quelconque.
Il avait déjà fait la même réponse catégori([ue à d'autres insinuations du même genre. Le bruit avait couru que la hrochure dont s'occupait l'évêque d'Orléans à Hyères serait un écrit politique, agressif contre le gouvernement. Instruit par une voie très sûre des sentiments nouveaux du ministre, et désireux aussi de voir couronner dans M?^' Dupanloup les idées de modération et de pacification religieuse, un membre distingué du clergé de Paris, aujourd'hui curéde Saint-Jacques du Haut-Pas, M. l'abbé Bernard, crut devoir lui exposer les raisons qui, à son sens, conseillaient le silence. 11 reçut la réponse que voici :
« 18 avril 1878. ...Je ne m'occupe en rien de politique. Inutile d'ajouter qu'en tout cas tou.te pensée de représailles me ferait horreur.
» J'ai été mille fois trop honoré dans l'Eglise, et je ne voudrais pas remuer le bout du doigt vers le plus petit hoimeur quelconque, ni par le moindre ménagement humain ne pas faire ce que ma conscience et mon cœur pour l'Eglise me demanderaient de faire. »