CHAPITRE III
femmes fortes dont le christianisme a révélé le type à la terre ?
» Et il y en a encore au milieu de nous, grâce à Dieu, dans l'ombre, une foule inconnue, et c'est là. ce qui nous sauve.
» J'en connais dans les demeures de l'opulence, plus nobles que leur naissance, grandes sans orgueil, ajoutant à la distinction, à la grâce, à la culture de l'esprit, je ne sais quoi d'exquis, de doux et de fort, qui embellit tout et qui leur vient d'une grâce plus haute; trésor de leur âme, dont le secret échappe au regard.
» J'en ai vu dans d'humbles familles, dans les foyers laborieux, ne devant guère qu'à la religion, transmise par d'honnêtes parents, leur éducation morale; mais élevées par là à une distinction singulière, qu'autour d'elles des femmes, même d'une plus grande culture d'esprit, n'avaient pas ; cachant dans leur cœur simple et riche des trésors de bon sens, d'affection, d'énergie et de dévouement, d'oubli d'elles-mêmes, de longanimité inaltérable...
» Une telle femme, formée par la religion à cette pureté, à cette tendresse, à cette abnégation, à ces vertus que ni la littérature, ni l'histoire, ni la physique, ni la chimie ne donneront jamais, et que l'irréligion tuerait dans son cœur, une telle femme, c'est le diamant de l'Evangile.
» Et vous n'en voulez plus !
» Et je vous vois attaquer avec la plus imprévoyante folie cette religion à qui vous la devez, car je vous entends traiter de superstitions les divines croyances auxquelles elle doit ses vertus !
^ Vous n'en voulez plus ! Vous voulez que l'épouse, que la mère, que la femme chrétienne disparaisse du milieu de la société française ! Mais qui donc la remplacera au foyer domestique? Et qui dans la société? Ne voyez-vous pas ce qui disparaîtrait du milieu de vous tout à coup si, avec elle, disparaissait tout ce que sa vertu maintient encore, tout ce que cette dignité, tempérée par la grâce, conserve, pour votre honneur, dans les mœurs publiques si attaquées, de réserve, de bienséance et de respect?*
Voilà ce que j'appelle des pages suaves : combien y en a-t-il de la sorte dans cet écrit ! J'ai dit qu'il y avait aussi des pages indignées ; qu'on en juge par celle-ci:
<f Non, me diront les meilleurs d'entre vous, peut-être; ce n'est pas la foi en Dieu que nous voulons leur enlever, ce n'est pas toute religion.
» Ah ! Yous croyez que votre froid déisme, si vous en êtes encore là, que cette religion sans culte, sans prières, sans sacerdoce, sans sacrements, sans autels, et, dans la pratique, sans Dieu, leur suffira! Détrompez-vous; vous leur ôtez la réalité pour ne leur laisser qu'une ombre ! Ce n'est pas assez. II faut plus, et ce n'est pas cette foi vague, ce sentiment vide, cette vaine religion qui remplacera jamais pour elles la religion vivante, la religion de Jésus-Christ...
)) Malheureux ! vous n'avez pas la première idée des âmes et de leurs profonds besoins, ni des vôtres, et vous voulez tarir aveuglément les plus abondantes sources de la vertu près de vous !
» Non, croyez-moi, Celui qui, connaissant le cœur de l'homme parce qu'il l'a fait, a jugé qu'une religion positive, réelle, vivante, divinement révélée, était nécessaire à l'humanité, s'y entendait mieux que vous, et ce qu'il a fait est bien fait...
»... C'est là, au pied de ce crucifix, qu'elles trouvent pour vous cet inépuisable et généreux amour que rien ne lasse; qu'elles vont chercher le courage de demeurer bonnes pour vous quand vous êtes mauvais et ingrats pour elles, et, quand vous les avez abandonnées, trahies, la force pour tout oublier, vous plaindre et vous pardonner.
» Insensés, voilà le joug dont vous voulez les affranchir !...
» Vous ne réussirez pas, .. Tenez, Messieurs de la libre pensée, laissez-moi vous le dire; vous avez de l'audace, vous êtes nombreux, habiles et surtout acharnés; vous pouvez faireetvous faites beaucoupde mal. El néanmoins il y a une chose en France contre laquelle vous serez tou-