‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 3)Chapitre 71 sur 259 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Pontife voit que plein de respect pour la liberté de l'Eglise et reconnaissant l'incompétence des pouvoirs civils dans les questions religieuses, nous ne prétendons en aucune façon intervenir dans les délibérations synodales sur les matières d'ordre spirituel. » Ces paroles sont de M. Daru lui-même ^

Interpellé le 11 janvier 1870 sur la question du Concile par M. Rouland, organe des vieilles doctrines parlementaires, M. le comte Daru était resté dans les termes de la dépèche du prince de la Tour d'Auvergne ; il avait affirmé nettement deux choses : 1^ que la liberté du Concile serait respectée ; 2<> que le gouvernement était en mesure de parer aux périls éventuels que signalait M. Rouland.

Mais, lorsque le schéma sur l'Eglise (quinze chapitres, vingt et un canons) eut été jeté dans le public par la plus fâcheuse indiscrétion-, une vraie tempête éclata; dans le document qu'une feuille allemande avait reproduit, on voulait voir(,( la subordination complète de la société civile à la société religieuse ». M. Emile Ollivier a décrit ainsi le mouvement d'opinion qui se fit alors partout : « Une clameur s'éleva dans la presse de l'Europe entière ; de toutes parts on somma les gouvernements d'aviser et de défendre la société civile menacée par des affirmations d'un autre âge ^ »

Témoin de l'émotion universelle, plus à même qu'un autre, par ses fonctions de ministre des Aflaires étrangères, de savoir ce qui se passait et se préparait même dans les divers Etats, M. le comte Daru se demanda si l'heure n'était pas venue de prévenir les confiits qu'il voyait s'amasser avec une intensité croissante, et il crut satisfaire tout à la fois sa conscience de catholique et d'homme d'Etat en faisant part officiellement de ses craintes à la cour de Rome. De là sa dépêche du ^0 février, et plus tard son mémorandum du 6 avril. Dans sa

Page 1