‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 3)Chapitre 72 sur 259 · VEglise etVEiat au Concile du Vatican, t. II, p · texte numérisé non relu

VEglise etVEiat au Concile du Vatican, t. II, p

140 VIE DE iMO>'SEIGNEUR DUPANLOUP.

dépêche, iM. Daru, après avoir exposé les conséquences fâcheuses que, selon lui, l'adoption du schéma pouvait entraîner, demandait à faire présenter ses observations à l'assemlDlée œcuménique par un ambassadeur extraordinaire, qui eut été, dit-on, M. le duc de Broglie^

La réponse du cardinal Antonelli porte la date du 19 mars. Le secrétaire d'Etat du Saint-Père rassurait M. Daru; il faisait observer qu'il ne s'agissait encore que d'un simple projet, distinguait entre les principes et leurs applications, affirmait que les Concordats existants ne seraient pas menacés, et déclinait en conséquence la demande d'envoi d'un ambassadeur extraordinaire. Il rendait du reste plein hommage à l'attitude profondément respectueuse et amie du ministre français : c( Je ne puis me dispenser de témoigner à Votre Seigneurie la satisfaction avec laquelle le Saint-Père a accueilli la déclaration faite au début de la dépèche de M. le comte Daru et renouvelée plus loin, au sujet de la ferme résolution du gouvernement français de respecter et de vouloir dans tous les cas respecter la pleine liberté du Concile... »

Dans toutes les péripéties de cet incident, quelles avaient été les pensées de M?^" Dupanloup? Quels avaient été ses

1. Quelques passages de sa dépêche permettent de saisir sa vraie pensée :

« L'Empereur a donné, dès le principe, un témoignage éclatant de la politique réservée qu'il entendait suivre, en n'usant pas du droit de se faire représenter au Concile, droit qui a appartenu de tout temps à la couronne de France, et qui n'a jamais été contesté jusqu'ici à aucun souverain catholique.

» Des questions d'ordre politique et civil ont été récemment soulevées au sein de l'assemblée conciliaire et les rapports de l'Eglise et de l'Etat ont été l'objet d'un ensemble de propositions qui seront prochainement discutées. Le gouvernement de Sa Majesté a cru dès lors qu'il était de son devoir et de son droit de faire entendre sur ce point spécial des observations, et de montrer le trouble que pourrait jeter dans les esprits l'adoption de maximes qui porteraient atteinte aux droits du pays. »

La pensée intime chez M. Daru était conforme à son langage officiel, car dans une lettre à M. de Montalembert, il disait encore:

« Mon cher ami, j'aurais pu ne pas me mêler de ce qui se passe à Rome, laisser faire la Papauté et le Concile. Les conseils dans ce sens ne m'ont pas manqué; c'était le rôle le plus commode elle moins

Page 1