‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 3)Chapitre 73 sur 259 · CHAPITRE V. lil · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. lil

actes? Malgré sa vive estime pour M. Dam, comme l'honorable ancien ministre le déclarait récemment dans une rectification adressée à une feuille publi(^ue '■, aucune lettre ne fut échangée entre eux pendant tout le Concile. Mais il est non moins certain que les données principales de la dépêche de M. le comte Daru étaient celles de M?^ Dupanloup, et ils avaient des amis communs qui ne le laissèrent pas ignorer au ministre. Comme lui, plus encore que lui, s'il est possible, il avait en horreur et en effroi la séparation de l'Eglise et de l'Etat ; il la répudiait, non seulement comme une théorie fausse du véritable but et du véritable devoir des sociétés chrétiennes, mais encore comme une des calamités les plus dangereuses qui pussent survenir dans l'état présent de la France. Ainsi que M. Daru encore, il regardait comme essentiel le maintien du pouvoir temporel; à cette cause à laquelle il avait voué sa vie, il rattachait la liberté même de la Papauté et de l'Eglise, le droit des consciences, l'honneur de l'Eglise et de la Chrétienté. Assister donc ti'anquillement au conflit de l'Eglise et de l'Etat, à l'abrogation des Con-

compromettant. Il suffit de fermer les yeux et d'attendre : je ne l'ai pas voulu.

» Une séparation entre l'Eglise et l'Etat est une chose si grave et qui entraîne de telles conséquences, qu'un gouvernement sensé nie semblerait impardonnable de ne pas faire tous ses efforts pour conjurer ce péril, quand il en est temps encore.

» J'ai suivi attentivement la marche du Concile, et j'ai agi dans l'intérêt de la société civile que je représente et de la société religieuse à laquelle je suis attaché, en soumettant au Saint-Siège mes observations et mes craintes, sans faire entendre un seul mot de menace ou d'intimidation, sans porter la moindre atteinte à l'indépendance de l'Eglise, et sans ni'écarter un seul jour des formes du respect le plus sincère. »

Enfin 31. Daru, en même temps qu'il essayait de prévenir les conflits, s'exprimait ainsi sur les mesures qui semblaient aux partisans de Vabstention diplomatique la revanche contre le Concile, à savoir la séparation de l'Eglise et de l'Etat, et le retrait des troupes de Rome : « Ces mesures odieuses, je les repousse de toutes mes convictions d'homme d'Etat et de catholique; et si, comme ministre, j'étais appelé à en délibérer, je me couperais plutôt la main que d'y mettre ma signature. »

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