‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 3)Chapitre 77 sur 259 · LE CONCILE · texte numérisé non relu

LE CONCILE

(Suite)

Avant de nous engager plus avant dans ce rapide récit des phases diverses du Concile, nous devons mentionner un incident qui causa en France et à Rome une vive émotion, mais qui surtout affecta douloureusement M?"" Dupanloup : un jour, à la villa Grazioli, au milieu d'une nombreuse réception, c'était un dimanche, vers deux heures de l'après-midi, un télégramme arrivait, envoyé par M. le marquis A. de Castellane, à l'un de nous^ avec une nouvelle foudroyante, la mort de M. de Montalembert. Trois jours avant, les journaux de France avaient apporté à Rome une lettre de l'illustre malade qui avait remué diversement les âmes. La veille de sa mort encore, il écrivait à divers personnages les lettres les plus éloquentes. Le dimanche 13 mars, à huit heures du matin, un crise soudaine s'était déclarée ; à huit heures et demie, il expirait. Sa dernière parole, très distinctement entendue, avait été celle-ci : « Mon Dieu ! mon Dieu ! 3 II avait reçu, avec sa connaissance encore, mais sans parler, les derniers sacrements -. Lorsque, la foule des visiteurs écoulée, on présenta à l'évéque d'Orléans le fatal télégramme, son émotion fut profonde. « Il y a, hélas! quatre ans, dit-il, j''avais ressenti toute la douleur de sa mort, et puis, comme son âme était restée tout entière, je n'y croyais plus. Quelle âme de moins en France, dans

Page 1