Vie (leM^r Mathieu, par Mgi' Besson, t. II
il invita à l'apaisement, à l'union de tous les efforts pour faire le vrai bien de TEglise ^ »
Sur la question même de l'infaillibilité, les orateurs se firent inscrire en grand nombre : résolu de la traiter à fond et de dire sa pensée complète devant les Pères, l'évéque d'Orléans se mit à préparer avec le dernier soin son discours. On discuta moins la doctrine elle-même que l'opportunité de la définition. De part et d'autre de grands évéques furent entendus, notamment M^ Manning et Mf Darboy. Mais au bout de quelque temps la majorité, jugeant la question suffisamment éclairée et le moment venu de couper court à ce qu'elle estimait une tactique, usa du droit qu'elle avait aussi d'y opposer une tactique contraire et elle résolut de clore le débat. Une négociation fut donc entamée à ce sujet par un prélat de la majorité avec M?^ Haynald. L'évéque d'Orléans regretta d'abord que M?"" Haynald se fût prêté à ces pourparlers, et il alla s'en expliquer, avec sa franchise ordinaire, non sans quelque vivacité, avec le prélat hongrois, son ami. Le lendemain, il ne craignit pas de venir lui en faire noblement ses excuses-. Mais après que, le 2 juillet déjà, vingttrois orateurs eurent renoncé à la parole, il fut de ceux qui, le i juillet, y renoncèrent également.
1. Le Concile du Vatican, par M. Emile Ollivier, t. II, p. 318.
2. M'^ Haynald, dans la lettre qu'il nous a fait l'honneur de nous écrire, rappelle en ces termes cet incident :
(( Je fus en plus intime union avec M'' Dupanloup à l'époque du Concile œcuménique du Vatican. Nous nous rencontrions tous les jours en lieux publics et privés. D'ordinaire nous étions d'accord pour la pensée et pour l'action; mais, une fois ou deux, j'en dois faire loyalement l'aveu, je conseillai ou je suivis une autre manière de procéder que la sienne. Il lui arriva alors de m'adresser, avec sa véhémence accoutumée, quelques paroles vives; mais je ne cessai jamais, alors même, d'admirer ce noble zèle pour le bien de l'Eglise qui lui faisait mettre de côté, pour lui-même comme pour les autres, toute considération de personnes : à travers ces élans où sa vivacité naturelle à défendre ou à exposer son opinion avait pu l'entraîner, comme la pureté éclatante de ses intentions resplendissait I Et en môme temps quelle promptitude à revenir avec ceux pour qui, dans un moment de trop grande ardeur pour ces saintes causes, il craignait de n'avoir pas eu tous les égards désirables, n