CHAPITRE XII. Ul
étaient définitivement consommés. Tandis qu'il le poursuivait, démontrant l'impossibilité des combinaisons successivement essayées, la dépossession du Pape par un congrès, la cession volontaire des Romagnes, la risible combinaison rejetée à Turin comme à Rome, d'un vicariat de Victor- Emmanuel, l'Angleterre ayant de nouveau proposé un plébiscite, de nouveau on fit voter les provinces annexées, comme si ce second vote, fait dans les mêmes conditions que le premier, n'eût pas été aussi radicalement invalide et nul ; mais en même temps on fit voter Nice et la Savoie. Les stipulations de Plombières triomphaient enfin. L'empereur recevait son salaire.
Le vaillant évêque n'en continua pas moins son œuvre. Dans un magnifique chapitre, intitulé la Question européenne, il mit en lumière avec une grande abondance de documents irrécusables les vices radicaux de celte seconde votation, et la profonde atteinte par là portée au droit européen, au droit des gens, à la sécurité des Etats.
Le volume s'achevait par cette grande démonstration du profond ébranlement que faisait subir au droit des gens dans la vieille Europe la révolution italienne telle qu'elle était en train de s'accomplir d'un bout à l'autre de l'Italie, avec la coupable alliance ou connivence de souverainetés, qui minaient ainsi de leurs propres mains la base sur laquelle reposent toutes les souverainetés ; et aussi par quelques explications péremptoires sur les réformes dont on faisait un si grand bruit.
Ce volume est donc à la fois un ouvrage de circonstance et un livre d'un intérêt permanent ; il discute les événements contemporains, et leur imprime la flétrissure que leur réserve l'histoire ; il discute surtout les doctrines, les principes engagés dans la question : et voilà pourquoi c'est « un travail approfondi, qui pourra, s'il plaît à Dieu, demeurer et parler toujours ». Eternellement on pourra le consulter sur la question de la souveraineté pontificale : ce n'est pas seulement, comme le disait l'auteur, « un rempart, mais encore un arsenal».
De ce grand labeur, il reçut bientôt la plus douce récompense qu'il put souhaiter : Pie IX, rendant à l'épiscopat
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tout entier un hommage mérité, comme Ta fait l'évêque d'Orléans lui-même dans l'introduction de son ouvrage, lui écrivit : « Rien ne pouvait être plus doux à notre cœur que de voir nos Honorables Frères les évèques se tenir, au fort de la tempête, debout comme un mur d'airain, pour protéger la maison d'Israël. Cette consolation, vos travaux et vos luttes nous l'ont apportée, Vénérable Frère, alors qu'après avoir été un si intrépide défenseur de V autorité et des droits de ce Saint-Siège et de la discipline de l'Eglise, vous avez publié sur notre pouvoir temporel et sur la souveraineté pontificale un livré pie m de vérité et de lum ière, de sorte que, parut i tous ceux qui, en ce même temps, se sont dévoués à cette laborieuse tâche, ntl ne