‹ Vie de mgr. DupanloupChapitre 149 sur 231 · Lettre de Mar l'évéque d'Amiens à l'évéque d'Orléans · texte numérisé non relu

Lettre de Mar l'évéque d'Amiens à l'évéque d'Orléans

torisation avait été accordée ou refusée : pendant ce délai, c'est-à-dire le lendemain dimanche, le lundi, et le mardi dans la matinée, les dépêches télégraphiques tombaient comme une pluie de tous les points de la France chez le libraire. Livré au public le mardi à midi, à deux heures il n'en restait plus, et le magasin du libraire était encombré d'une foule compacte qui refluait encore des deux côtés de la rue de Tournon, mais à l'impatience de laquelle il était impossible de satisfaire. Une nouvelle composition fut faite sur-le-champ, et deux presses fonctionnèrent nuit et jour. En peu de semaines, trente-quatre éditions de cet écrit furent écoulées, quoique tous Tes journaux l'eussent en totalité ou en partie reproduit, et nonobstant les éditions populaires que l'évêque permit d'en faire, à qui voulut1. Si nous mentionnons ce fait, unique peut être, c'est pour signaler l'émotion extraordinaire de 1 opinion publique. Et on le conçoit. Quelles questions ! Est-il vrai que Rome est définitivement livrée par une Convention dérisoire? Chose plus capitale, est-il vrai que Rome a définitivement rompu avec la liberté, avec la civilisation, avec la société moderne? Une réponse arrivait enfin à ces deux questions, de l'évêque le plus écouté de France.

La première partie traitait donc de la Convention. « La discussion sur la Convention, lui écrivit aussitôt après l'avoir lue son collègue à l'Académie, M. le duc de Noailles, est un chef-d'œuvre de polémique où rien ne manque, la clarté, la précision, les faits, les preuves, le mouvement, la rapidité, l'élévation. La France ne vous lira pas sans émotion et sans que son honneur frémisse.»

Aujourd'hui que les faits ont prononcé, comment un diplomate qui compte a-t-il pu, nous ne dirons pas plaider les circonstances atténuantes en faveur de M. Drouvn de

1. Sans parler des traductions qui en furent faites en toutes les langues. A Florence, par exemple, il en parut à la fois trois traductions italiennes, qui furent sur-le-champ épuisées. (Lettre de l'archevêque de Florence à l'évêque d'Orléans).

Page 1