Circulaire de M. Rouland du 1er janvier
secrétaire d'Etat de Sa Sainteté avait faite à celui qui lui avait remis les lettres des deux prélats français ne laissait à M?r Dupanloup aucun doute quant à la conformité de son interprétation avec celle du cardinal sur ce point si grave : il poursuivait donc en pleine sécurité son travail.
Ce travail s'ouvrait par quelques considérations préliminaires.
Etrange contradiction î on déclarait l'Encyclique attentatoire à la constitution de l'Empire, et on laissait tous les journaux la publier ! On la livrait aux commentaires incompétents des écrivains laïques, et on défendait aux évèques, interprètes légitimes, de l'expliquer ! Aussi, que de contresens et de contre bon sens ! L'évèque en faisait une énumération incroyable.
Il aurait fallu se référer aux documents dont les propositions condamnées étaient extraites, pour savoir exactement en quel sens elles avaient été censurées. Mais c'est ce qu'on ne faisait pas.
En somme, on ne s'attachait qu'à quelques-unes des propositions du Syllabus. qui ont trait à la société moderne.
Mais d'abord, société moderne, civilisation moderne, libéralisme, autant de mots vastes et vagues, et non définis : il faut les définir et voir ce qui s'y cache. Ne peut-il pas s'y cacher aussi l'erreur et le mal, ia négation antichrétienne, et l'oppression de l'Eglise? Il y a donc une distinction, un départ nécessaire à faire en des choses si complexes. Surtout il y a ia grande distinction à établir entre l'absolu et le relatif, autrement dit la ihè^e et l'hypothèse. Tel était le principe général de solution que l'évèque posait.
Prenant alors l'une après l'autre toutes ces libertés, il y appliquait cette distinction, et, à celte lumière, toutes les accusations entassées contre les documents pontificaux s'evanuuissaient comme des ombres.
El d'abord la liberté philosophique. Vous dites que le Pape condamne la raison. Mais il a condamné ceux qui, parmi nous, ont voulu y porter atteinte ; il a proclamé, dans les actes les plus solennels, la commune origine de la raison et de la foi, et leur accord nécessaire dans leur