CHAPITRE XVI
théologique et la vertu. Tous trois, évidemment, ont lu l'écrit ; tous trois connaissent la pensée hautement manifestée du Pape : or, cette pensée, déclare le P. de Villefort, est une haute et complète approbation, à laquelle lui-même s'associe, ainsi que les deux hommes les plus éminents de sa compagnie.
Un fait singulièrement significatif encore, et qui ne s'expliquerait guère si les adversaires de l'évêque d'Orléans ont raison, si son écrit « a violenté les enseignements du Saint-Siège au point de les plier au sens des théories qu'ils condamnent », c'est l'autorisation donnée par le Pape de traduire et d'insérer intégralement la brochure dans le journal officieux de la Cour romaine, YOsservatore romano. Cette traduction parut sans l'ombre d'un commentaire et d'une rectification quelconque.
Enfin un bref fut expédié aussi, à la date du i février, et, conformément aux déclarations orales du Saint-Père, l'écrit de l'évêque d'Orléans y reçut la plus formelle approbation.
L'évêque d'Orléans a parlé le dernier des évêques de France ; mais a-t-il tenu un langage opposé à celui de ses collègues? Tout au contraire : le Saint-Père le loue d'avoir mêlé sa voix à celle de ces courageux évêques, lesquels, dit-il, ont défendu nos droits et condamné aussi les erreurs réprouvées par nous , et cela « au sens du Souverain Pontife».
« ... Il me semblait déjà entendre votre voix se mêler à la généreuse voix de vos frères qui, presque tous, avec une fermeté et une liberté toute sacerdotale, ont affirmé les droits essentiels du Saint-Siège et de l'épiscopat méconnus, et prémuni les fidèles confiés à leurs soins contre les erreurs condamnées par nous et réprouvé ces erreurs au sens où nous les avons réprouvées nous-même. Aussi avonsnous éié charmé de l'écrit dans lequel, après avoir rappelé avec éloges les intrépides protestations de vos frères dans l'épiscopat, vous déclarez vous y associer de tout cœur 1...»
Si l'évêque d'Orléans a parlé comme ses collègues,
1. Ita de tua in Nos observantià et dilectione sentimus ut... jam Nobis audirevideremur vocem tuam nobilibus commixtam vocibusfra-
quoique avec plus d'éclat, et si ceux-ci ont parlé comme le Pape, donc l'évêque d'Orléans aussi !
Le Pape, en terminant ce long bref, le remercie encore de son écrit1. Il fait plus, il lui demande de continuer, « certain, lui dit-il, que dans ses explications ultérieures de l'acte pontifical, il sera d'autant plus dans le sens irai de cet acte qu'il en a réfuté avec plus d'énergie les interprétations erronées -» .
C'est cette dernière phrase dont s'emparent ceux qui ont accusé l'évêque d'Orléans d'avoir c violenté les enseignements du Saint-Siège au point de les plier au sens des théories qu'ils condamnent ». Selon eux, par ces paroles, le Pape a blâmé l'évêque d'Orléans !
Mais si tel était le sens de cette formule, le Pape démentirait, non seulement les louanges si hautement données par lui à l'écrit de l'évêque d'Orléans, au témoignage irrécusable du P. de Yillefort, mais encore son propre bref; ce bref deviendrait alors une pièce pitoyable, contradictoire à elle-même, détruisant à la fin ce qu'elle a dit au commencement. Car enfin, au début du bref, l'éiog est formel, indéniable, et nous avons vainement demandé une réponse à cet irréfragable argument : le Pape dit que l'évêque d'Orléans a interprété ses deux actes comme ont fait les autres évêques de France, lesquels les ont interprétés au sens même du Souverain Pontife: donc l'évêque d'Orléans aussi ! Et après avoir dit cela, le Pape dirait le contraire! Ou plutôt, comment aurait-il pu dire cela d'un écrit qui aurait c violenté les enseignements du Saint-Siège au point de les plier au sens des théories qu'ils condamnent » ?
trum tuorum qui... fidèles sibi creditos praemonere curabant de periculo errorum à Nobis damnatorun, eosque se execrare profitebantur , et eodem plane semu quo a Nobis fuerant reprobiti... (Bref d i 4 février In