‹ Vie de mgr. DupanloupChapitre 18 sur 231 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

qui, à partir des quinconces réservé., an: Je haut du pare ; indéfiniment longue aussi, mais large, ouverte, et ou il pouvait respirer, à pleins poumons, l'air toujours vif et pur sur ce plateau. « Que! beau promenoir! » s'écria, quand il l'y conduisit, M. Mole, qui, avec 31. Beugnot et le P. de Ravignan, vint cette année-là, au mois de juillet, l'y visiter, afin de régler définitivement la constitution de leur comité. Plus voisine de l'habitation, la terrasse, d'où il pouvait apercevoir les tours de sa cathédrale, lui était d'un plus fréquent usage ; les matinées, les soirées surtout y étaient incomparables : que de fois, pour peindre ces beaux clairs de lune sur la Loire, il emprunta à Virgile ses vers :

Nec candida cursum Lima negat : splendet tremuio sub lamine (lumen.

On pas, et i! était sur les bords de cette Loire, qui forme, avant d'arriver à La Chapelle, du côté où le soleil se lève. une courbe gracieuse, et se perd, vers le couchant, dans un lointain splendide.

Voilà le lieu où il put rester, la première année de son épiscopat, du mois de mai au mois de novembre. Il y acheva son premier volume de VEducation, mais au prix d'une fatigue extrême, aidé toutefois par la douceur du lieu. c( Juillet et août, a-t-il écrit, furent un grand travail, mais un doux repos. Je conserverai longtemps le souvenir de ce temps, de ce lieu, de ces silences, de ces ombrages. de cette belle lumière le matin et le soir, de ces inspirations pour mon livre. » Il voulait absolument avoir terminé avant un voyage ad limina apostolorum qu'il méditait.

Le volume en effet parut, et fit une sensation profonde: une grande question était traitée, de façon magistrale, par un homme qui était en effet un maître dans la matière, et qui appuyait les plus hautes théories de l'irrécusable autorité de son expérience. II n'existait rien dans notre langue, sur ce sujet capital, qu'on put comparer à cet ouvrage. Le double souffle de l'apostolat et du patriotisme enflammait toutes ces pages. Ce n'était pas seule-

ment un grand évêque, c'était un grand Français qui, dans un temps calamiteux où tout menaçait de périr faute d'hommes, enseignait à ses concitoyens le moyen de former des hommes pour l'Eglise et pour la patrie. Mais nous attendrons la publication des volumes suivants pour en dire plus explicitement notre pensée.

Qu'il l'avait souhaité, pendant les luttes et les douleurs des années 1848 et 1849, ce voyage à Rome, pour l'année" jubilaire! Que de fois, dans ses lettres à Mme la princesse Borghèse, il en avait caressé la perspective! Il le désirait encore plus depuis qu'il était évéque. Enfin, le 2 décembre, il put partir. Il prit encore celte belle route de la Corniche, qui le ravissait, et par Florence, Assise, Pérouse, qu'il revit à loisir, il arrivait le 23 à Rome, et était reçu de nouveau au palais Borghèse.

« Si ma santé ne profite pas de ce voyage, écrivait-il le jour même, mon âme en profitera. Quel bonheur de n'être enfin pressé par rien ni par personne! Cette année a été comme un torrent entre les grandes pensées de mon épiscopat et ce moment-ci : tout a été comme suspendu; toute cette lumière, toute cette grâce épiscopale, s'est comme arrêtée, tant l'action, les œuvres, les affaires, sont venues à la traverse; à la lettre, comme un torrent. Quels efforts il fallait à travers tout cela pour voir toujours les choses des hauteurs accoutumées dans cette lumière surnaturelle de laquelle surtout il faut dire : In ista luce vive. »

Connaissant Rome à fond, puisque c'était pour la quatrième fois qu'il y venait, ce ne fut plus pour lui une étude, mais comme un goût paisible et profond de toutes ses beautés profanes et sacrées, qui se fondent si bien, du point de vue d'où il les regardait, dans une merveilleuse unité.

Rien ne lui fut plus doux que ce tranquille séjour à Rome. « Le bon Dieu, écrivait-il au retour, m'a donné là un vrai rafraîchissement. Que j'en avais besoin! J'en ai senti la douceur avec reconnaissance... Locum refrigeril, lu cis et pacis. Rome est vraiment cela, et je le sentais

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