CHAPITRE XX
LUTTES POUR LA SOUVERAINETÉ PONTIFICALE
i Suite)
Travaux divers dans l'intervalle
3° Œuvres pastorales et écrits hagiographiques
Ecrit sur les Moines d'Occident
M'jrûupaiiloup et M. de Monlalembert
Yoici maintenant une autre catégorie de ces incessants travaux qui, nonobstant cette grande lutte pour la souveraineté pontificale dont M?r Dupanloup était par-dessus tout occupé, et dans le temps d'arrêt que la Convention du 15 septembre imposait aux impatiences de l'Italie, se disputaient tous ses moments, et auxquels il ne suffisait que grâce à son règlement de vie inflexible, et à une infatigable activité. Ces travaux sont de deux sortes, des œuvres pastorales proprement dites, et des écrits analogues, qui avaient aussi les âmes pour objet, et que nous appellerons hagiographiques, parce qu'en effet ils ont Irait à la manière dont, selon lui, doit être traitée l'hagiographie.
A suivre donc l'évêque d'Orléans depuis l'origine de la question romaine, à travers toutes ces polémiques, on pourrait croire qu'il lui restait peu de temps pour son diocèse; à voir tout ce qu'il y faisait, on eût pu se demander s'il ne s'y absorbait pas. Les hommes du monde ne voyaient que l'éclat de sa vie publique; ce qui a fait dire à un écrivain léger qu'il était « aussi peu évoque d'Orléans que possible». « De ma vie, écrivait l'évêque a M. de Montalembert, vous ne voyez que l'extérieur; mais rien ne peut vous donner l'idée de mes accablements ici, e:.1
orl VIE DE MONSEIGNEUR DUPANLOTP.
dehors de ces luttes. » Et encore : « Pour ajouter à la juste compassion que je vous inspire, il faudra que je prenne l'habitude de vous envoyer tout ce que je fais et publie pour mon diocèse. Cela vous donnera au moins une idée des accablements pour moi de la charge pastorale. » Et voici en effet comment, au début d'une de ses lettres à son clergé, il résumait ce qui avait été fait jusqu'ici (1863) dans son diocèse:
« Les retraites ou missions paroissiales, pour lesquelles nous sommes arrivés bien près du chiffre de cent chaque année ; Y adoration perpétuelle du saint sacrement, établie dans toutes les paroisses; la confirmation, non plus au canton seulement, mais dans les plus petits villages, et toujours précédée de la mission : la ci site canonique, faite chaque année dans chaque paroisse, partie par l'archidiacre, par le doyen, et partie par l'evèque; les fonctions, si nécessaires, des doyens régularisées et fortifiées ; les vicariats doublés; la vie commune établie dans le clergé des paroisses ; les sœurs pour le service des écoles el des malades, multipliées dans le diocèse et propagées de toutes parts. En ce qui touche les études ecclésiastiques, le nombre des élèves des Petits et du Grand Séminaire notablement augmente; les examens des jeunes prêtres, les conférences ecclésiastiques, les grades, institués et relevés; les églises, les presbytères, de toutes parts reconstruits ou réparés: une grande œuvre diocésaine, l'œuvre des églises pauvres, et pour l'alimenter, la loterie diocésaine, ïouvroir des Dames à Orléans ; enfin les retraites et les communions d'hommes instituées à Orléans, el aussi déjà dans d'autres villes et paroisses importantes du diocèse. »
Voilà, bien sommairement tracé par lui-même, le tableau de ce qu'il a déjà pu accomplir ; et voilà aussi le cadre de son action pour l'avenir ; voilà les œuvres qu'il va reprendre en quelque sorte l'une après l'autre. Car il s'en tient aux résolutions prises en 1800 : « non plus créer, inventer, mais affermir, enraciner, faire pratiquer. » Avec un esprit de suite merveilleux, il reviendra sans cessesurles choses importantes déjà établies et réglées, passant et repassant sur les mêmes sillons, pour les creuser plus profondément.