CHAPITRE XX. m
Les hommes praliques savent eu effet qu'on ne fait entrer quoi que ce soit dans les habitudes qu'à celte condition.
Xous ne ferons que rappeler ici les Lettres pastorales les plus importantes publiées par lui dans cet intervalle: la Lettre sur la rareté des vocations ; celle à MM. les Doyens et à tout le Clergé du diocèse, relative aux fonctions décanaies et à plusieurs points importants du saint ministère ; elle n'a pas moins de cent pages. Une autre longue Lettre au Clergé sur le même grave sujet. Avec quel fruit on lirait ces choses aux jeunes élèves dans les Grands Séminaires! Une autre sur la vie commune; une autre aux Religieuses chargées dans son diocèse de ^instruction et de l'éducation des enfants, et de la visite des malades; deux autres (nous avons eu occasion de les mentionner plus haulj, relatives au culte du saint sacrement; puis, deux grandes Lettres sur les catéchismes, suivies du merveilleux volume sur le même sujet, et dont nous avons aussi déjà parié. Arrêtons-nous toutefois un peu sur l'importante Lettre relative à la vie commune.
Nous avons dit la part que l'évèque d'Orléans avait prise au rétablissement de l'Oratoire en France. Ce qu'on appela dans le diocèse d'Orléans l'Oratoire n'était pas une aililiation avec la célèbre congrégation de ce nom ressuscitée à Paris, bien qu'on eût songe d'abord à l'y rattacher; c'était une simple association de prêtres employés el dispersés dans les paroisses, mais reliés entre eux par un esprit commun, des règles communes, et trouvant dans ces relations organisées un puissant secours pour la pratique des vertus de leur saint état. Née spontanément chez quelques jeunes piètres du besoin vivement senti d'échapper aux périls et aux souffrances de l'isolement, elle s'était propagée peu à peu, sous les encouragements secrets et paternels de l'évèque, el en était venue au point où son existence méritait d'être constatée et consacrée : c'est ce que l'évèque d'Orléans faisait dans une grande Lettre pastorale sur la vie commune dans le clergé séculier, où, à cette occasion, d'excellents conseils relatifs à la piété nécessaire au prêtre étaient adressés par lui à son clergé tout entier. Cette lettre eut l'honneur d'être
citée deux fois au Concile dans les discussions du schéma sur les devoirs des ecclésiastiques.
L'œuvre, ainsi bénie à ses débuts par l'évèque -d'Orléans, a grandi et s'est répandue promptement dans presque tous les diocèses de France, et même à l'étranger. Vu prêtre de beaucoup de piété et de zèle, ancien supérieur du Petit Séminaire de La Chapelle, M. l'abbé Lebeurrier, en est l'âme. Elle a déjà donné et est appelée à donner encore les résultats les plus consolants pour la sanctification du clergé.
Mais nous avons hâte d'arriver à un autre de ses grands labeurs de pastorale, ses publications diverses relatives a la prédication.
A partir du moment ou il se trouva engagé dans cette lutte pour le Saint-Père, et toutes celles qui en furent la conséquence, les grandes stations, nous l'avons dit, ne lui furent plus possibles; mais, indépendamment de ces discours ou de temps en temps sa voix, se faisait entendre, et dont le souvenir demeurait, quand il avait sous les yeux, dans sa cathédrale, ce bel auditoire d'hommes crée par lui, son àme d'apôtre ne se pouvait résigner au silence, et pendant la retraite pascale surtout, avant le sermon du prédicateur, il apparaissait, et tirait de son àme des accents que les Orléanais préféraient à tous les discours. >< Bien âge, bien fatigue, a écrit un de ses auditeurs, nous nous rappelons l'avoir vu monter, pendant une retraite de la semaine sainte, dans sa chaire de la cathédrale de Sainte-Croix : il gravissait lentement ces marches où, jadis, il s'élançait comme pour un triomphe. 11 disait quelques mots avant le sermon du prédicateur : comme c'était vibrant ! Chacune de ces paroles, pressantes, saisissantes, tout embrasées de Dieu, s'enfonçaient dans les cœurs comme des traits, retentissaient jusqu'aux extrémités sombres de la net. portant partout la secousse d'où naissaient peut-être les ressouvenu;» amers, les regards plus sérieux jetés sur le monde et sur la vie, les résolutions magnanimes. »
Mais quand les grandes stations ne purent définitive-