‹ Vie de mgr. DupanloupChapitre 204 sur 231 · Entretiens sur la prédication populaire, p · texte numérisé non relu

Entretiens sur la prédication populaire, p

sera doux de nous étendre un peu, sous forme de digression, sur leurs rapports de plus en plus intimes et leur amitié de plus en plus grandissante.

Les luttes pour la liberté de l'enseignement avaient ravivé, nous l'avons vu, leur mutuelle affection. M. de Montalembert, après sa Sainte Elisabeth de Hongrie. méditait un autre grand livre, Y Histoire de saint Bernard; l'abbé Dupanloup l'encouragea vivement à ce travail, et dès 18ii lui écrivait : « Oh! que je souhaite que vous acheviez Saint Bernard ! Je viens de le lire beaucoup : vous ferez à coup sur quelque chose de merveilleux avec cet homme inouï et avec ce siècle. » En 1846, l'introduction de ce grand ouvrage — un volume entier, sur l'histoire de l'ordre monastique en Occident jusqu'à saint Bernard — était achevée et déjà imprimée, et l'abbé Dupanloup, en invitant après le Jubilé de Liège M. de Montalerabert à le rejoindre à Haute-Combe, ajoutait : « Si vous venez, apportez l'épreuve imprimée de votre premier volume. Je tiendrais tant à le lire. Vous ne savez pas les vœux que je fais pour votre gloire, et ce que j "y donnerais. Vous avez été une belle et douce rivière: puis un torrent d'autant plus fort qu'il s'est contenu: je veux que vous deveniez un grand lleuve, majestueux et portant des vaisseaux à l'Océan. » M. de Montalembert lui communiqua donc le volume; l'abbé Dupanloup le lut et le relut, avec une attention passionnée, le crayon à la main, soulignant, couvrant de notes les marges. Il était beau et éloquent; cependant était-ce tout ce que ce grand sujet comportait, tout ce dont M. de Montalembert était capable? Il ne le crut pas, et dans son ardent désir de voir son ami servir l'Eglise et honorer son nom autant qu'il le pouvait par une œuvre immortelle, il n'hésita pas à lui demander tout simplement d'anéantir l'édition et de retravailler ce volume sur un plan nouveau.

<• Quant à votre livre, lui écrivait-il, le 26 juillet 1847, vous ne pouvez le laisser ce qu'il est, ou je vous renonce; ce serait une lâcheté misérable, une indignité. Il y a deux hommes en vous, l'homme de ce livre et l'homme de la

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