‹ Vie de mgr. DupanloupChapitre 208 sur 231 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

désir que j'aurais de vous voir écrire son histoire. C'est là surtout que vous pourriez donner au nom de ce saint, ou plutôt qu'il donnerait convenablement, sous votre plume, à chacun, les leçons et les conseils sans lesquels l'adulation et la louange prennent la place de la vérité, et les meilleures intentions périssent dans la vanité et le mensonge. »

Et, quand l'ouvrage fut sous presse, l'évêque d'Orléans, quoique déjà engagé dans sa grande lutte pour le Pape, et malgré des accablements de toute sorte, en lit et en corrige les épreuves, avec un soin dont M. de Montalembert lui-même reste étonné. « Mercredi de Pâques 1800. Je ne puis me lasser, mon cher seigneur et véritable ami, de vous dire combien je suis touché de votre bonté. Etre bon, dans le sens que notre belle langue française attache à ce mot, et l'être quand on est si grand et si fort par tant de côtés, c'est approcher autant qu'on le peut de la perfection.

» J'ai reçu en temps utile l'œuvre que j'attendais de vous. J'ai fait de mon mieux pour satisfaire à toutes vos exigences, et je puis vous affirmer une chose, c'est que jamais l'amour-propre d'auteur ne m'a arrêté. »

Quand enfin M. de Montalembert publia ses deux premiers volumes, l'évêque d'Orléans , quoique si occupé alors à la défense du Saint-Siège, quitta tout pour en dire au public sa pensée1, et rendre à cette occasion un solennel hommage au vaillant athlète de l'Eglise qui la servait si puissamment encore en glorifiant et en vengeant de sa plume laïque une de ses plus grandes institutions, et cela, à travers les déboires, les amertumes, les ingratitudes et les attaques persistantes d'un mal opiniâtre. C'est dans ces pages qu'il en faisait le portrait suivant : « M. de Montalembert est un homme antique; mais, ce qui est d'un grand charme à considérer, cet homme d'autrefois s'est mêlé avec une ardeur extrême aux luttes modernes ; par un contraste curieux, il se

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