‹ Vie de mgr. DupanloupChapitre 209 sur 231 · Correspondant, janvier 1SG · texte numérisé non relu

Correspondant, janvier 1SG

complaît dans ces compagnies austères des Pères, des docteurs, des martyrs, des anachorètes, des grands moines, et en même temps c'est un chevalier armé de pied en cap pour le combat; c'est le fils des croisés, et c'est un bénédictin. Je le répète, cela a beaucoup de charme. Le chevalier se met à genoux, le moine est vaillant... Sa vie a été et est encore toute militante; soit qu'il parle, soit qu'il écrive, il combat, et toujours pour la grande cause de l'Eglise, à laquelle il s'est dévoué. »

Hélas ! au moment où nous écrivons, cette sainte cause de la liberté religieuse, de la liberté monastique, triomphante en France au temps où les grands athlètes de cette liberté, les Montalembert, les Lacordaire, les Ravignan. les Dupanloup, les Ozanam, menaient les catholiques au combat, a succombé sous les coups de l'arbitraire le plus inique et le plus insensé. Mais, heureusement, ainsi que l'a dit un autre éloquent ami de M. de Montalembert, « les moines, comme les chênes, sont immortels ».

L'année suivante, c'étaient les grandes assises de l'épiscopat catholique à Rome, où l'évèque d'Orléans parut avec l'éclat que nous avons dit. On conçoit combien, après les événements de Rome, et dans une telle situation des choses, M. de Montalembert et lui désiraient se retrouver, « J'ai, écrivait l'évèque d'Orléans à son ami, dès son arrivée à Lacombe, le 26 juin 186:2, un extrême désir et un extrême besoin de vous voir. Malheureusement, je suis au dernier degré de la fatigue. » M. de Montalembert s'empressa de lui répondre : « Que vous êtes bon d'avoir bien voulu penser à moi! 11 est littéralement vrai que j'allais vous écrire au moment où votre lettre m'est arrivée ce matin. Il me semble que ma voix vous aurait manqué au milieu du concert d'éloges dont vous devez être un peu assourdi. J'ai du moins Tamour-propre de croire que vous vous seriez aperçu de mon silence. Mon cœur, vous le savez, incline beaucoup plus du côté des vaincus que des triomphateurs ; ceux-ci, en général, me laissent froid et défiant ; mais votre triomphe est, avant tout, celui de l'Eglise, de la vérité et de l'honneur. C'est pourquoi j'en jouis sans

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