‹ Vie de mgr. DupanloupChapitre 22 sur 231 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Une autre idée fondamentale de l'évèque d'Orléans était celle-ci : que le conseil épiscopal n'est pas seulement un conseil d'examen et de décision, mais un conseil de gouvernement et d'exécution. Chacun de ses membres est chargé, non seulement d'examiner et de conseiller, mais d'agir et d'exécuter. Voilà pourquoi sa conviction était que dans un diocèse où il va beaucoup à faire, il faut un conseil nombreux, plus nombreux peut-être qu'il ne serait nécessaire pour l'examen des questions, mais non pas pour l'exécution et l'action.

Des règlements très détaillés, et dont chaque membre du conseil recevait un exemplaire, indiquaient à chacun, non pas assurément tout ce qui pouvait appeler son attention, mais du moins les points principaux qui devaient faire l'objet de sa constante sollicitude.

Ces règlements lui coûtèrent beaucoup de peine, un long et aride travail, car, rien là pour l'imagination et le cœur; mais le sentiment du devoir et du bien certain qu'il faisait, en donnant à chacun un directoire lumineux, et comme un moniteur muet, mais perpétuel, le soutenait dans ce labeur1.

Quant à lui, indépendamment de ce qu'il faisait par lui-même, il avait l'œil et il tenait la main à ce que chacun accomplit avec exactitude et zèle ce dont il était chargé : « Faire travailler chacun selon ses aptitudes, » telle était sa grande maxime et sa résolution constamment renouvelée. De cette sorte il pouvait espérer que rien d'important du moins, dans les détails si multipliés d'une administration diocésaine sérieuse, voulant avant tout le bien des âmes et le salut des peuples, ne serait négligé. Que tout ce qui a été ainsi réglé et écrit par lui n'ait pas toujours été exécuté à la lettre, assurément il n'y aurait pas à s'en étonner ; mais que d'oublis et de négligences a prévenus celte minutieuse et sage réglementation ! Que d'eflorts elle a provoqués ! En somme,

1. Ces règlements ont été imprimés dans le v2" volume des Œuvres pastorales (lre série), p. 293-448.

quelle puissante et féconde impulsion elle adonnée à toute chose ! De cette sorte, l'evèque d'Orléans a pu ne pas s'absorber dans les détails, comme c'était la constante tendance de cet homme d'action et de zèle: ce qui eût été pour l'Eglise un grand malheur: mais, selon aussi le besoin de son âme, « s'élever, se dégager, se tenir sur les hauteurs sereines, in altitudine et serenitate menti* C'est ce à quoi il s'appliquait sans cesse. « M'élever, m'élever, écrivait-il encore: me dégager, me tenir haut, dans la sérénité et la lumière, et redescendre de là avec des clartés simples et vives, profondes, paisibles. » C'est ainsi que, tout en administrant ave;', cette intelligence, cette vigueur et cette sollicitude son diocèse, il a pu servir encore, comme il l'a fait, les grands intérêts de l'Eglise et de la patrie.

D'autres grands auxiliaires de l'administration épiscopale, à ses yeux, c'étaient les doyens : le diocèse d'Orléans en comptait trente-six. autant que de cantons; or, le decanat n'est pas un simple titre honorifique, une sinécure, il implique une juridiction réelle et des devoirs spéciaux: le doyen doit être le suppléant de l'archidiacre dans son canton, de même que l'archidiacre est le suppléant de l'evèque dans son archidiaconé. C'est uourquoi l'action du doyen, si elle est réelle, peut être très efficace, plus même peut-être que celle de l'archidiacre, bien que ses attributions soient moindres, parce qu'il est placé plus près de ceux sur qui il a autorite. C'est ainsi que l'evèque d'Orléans considérait les doyens, et à cause de cela il comptait beaucoup sur eux. « Yn evèque. même en s'épuisant, disait-i!, ne peut pas (aire tout tout seul. Et pour moi, sans le ministère des doyens, je regarderais comme absolument impossible l'administration d'un diocèse de 350O00àmes. Je dirai plus : je regarderais comme absolument impossible d'empêcher le mal, et de faire le bien, comme les saints canons de l'Eglise l'entendent et le demandent, si nos archidiacres et nos doyens ne remplissaient pas leurs devoirs avec zèle; et pour dire le seul mot tpii rende bien ici mon sentiment et ma pensée,

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