‹ Vie de mgr. DupanloupChapitre 23 sur 231 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

n'étaient pas apôtres chacun dans son archidiaconé et son doyenné. »

Aussi mit-il un soin extrême, pendant tout son épiscopat, à bien choisir les doyens d'abord, et puis a leur expliquer et à leur rappeler leurs devoirs, dans ses lettres pastorales.

Des époques étaient (ixees pour les visites, soit arehidiaconales, soit décanales, et des rapports devaient êlre faits, à des dates déterminées, par MM. les archidiacres a Levèque et par MM. les doyens aux archidiacres. Les rapports des doyens étaient un des éléments des rapports des archidiacres : et non seulement ceux-ei devaient lire leurs rapports en conseil épiscopal ; mais aussi les vicaires généraux qui, sans être archidiacres, étaient chargés de quelque service important1.

Un point capital dans l'administration diocésaine, ce sont les placements et les déplacements. Il importe, pour apprécier M»» Dupanloup comme évêque, de savoir quels étaient ici ses principes et ses vues, et par conséquent sa pratique.

L'amovibilité et l'inamovibilité, pour le clergé, grave question que l'on touche souvent d'une main bien téméraire, et avec une grande ignorance des choses les plus délicates du ministère ecclésiastique. Que de fois les ennemis de l'Eglise l'ont agitée, pour essayer de rompre l'union si nécessaire des évèques et des prêtres! Voici quelles étaient, sur ce sujet, les pensées de levéque d'Orléans :

Selon lui, « rien de plus funeste que celte perpétuelle mobilité des desservants et des vicaires, laquelle l'ait que les fidèles ne peuvent pas donner leur confiance a leurs prêtres, ni les prêtres rien entreprendre de sérieux et de suivi pour les iidèles »; il croyait cependant l'amovibilité

1. Voy. dans le l-r volume des Œuvres pastorales (iN série) ce qui regarde la visite archidiaconale et la visite décanale, p. 4-v21--i.'j^ : et Œuvres pastorales (2e série), t. I, Lettre à MM. les Doyens, etc., p. 91-189; et aussi t. I!, Lettre au clergé du diocèse, p. -213--271.

pastorale, c'est-à-dire la possibilité de changer tin prêtre de poste sans être obligé d'avoir recours contre lui à un procès, très favorable, pour ne pas dire nécessaire, à la bonne administration d'un diocèse, au bon service des paroisses, à l'honneur même des prêtres et de l'Eglise, eu égard à la difficulté des temps où nous vivons. Et quant aux procès d'officialité : <r Encore faut-il que dans ces jugements, disait-il, se rencontrent des conditions qui soient en harmonie avec le temps et les mœurs publiques; qui n'aient pas pour l'Eglise et pour les prêtres eux-mêmes les inconvénients les plus graves; en un mot, qui ne fassent pas d'un malheur réparable un scandale que rien ne pourra réparer. »

Aussi aimait-il à citer cette parole que le cardinal Lambruschini, ministre de Grégoire XVI, lui avait dite à Rome en 1841 : qu'il serait préférable, pour le bien de la religion eu Italie, que la plupart des curés y fussent amovibles comme en France.

Il maintenait donc à l'évêque le droit de pouvoir, « non pas seulement pour une grave, mais pour une très grave raison », changer un prêtre de place, et transférer son ministère. Et la plus grave de toutes, à ses yeux, c'était « quand il y faisait le mal, ou n'y pouvait faire aucun bien; quand il y était mal pour iui et pour les autres; ou quand il y avait certitude morale qu'il ferait sans comparaison beaucoup mieux ailleurs, et qu'il était le seul capable, ou du moins le plus capable de la place qu'on voulait lui donner et du bien qui était à faire ».

Et voici, pour ces placements ou déplacements, quelle était, si nous pouvons ainsi dire, sa jurisprudence : on verra si c'était, comme il plaît à certains écrivains légers de le dire de l'administration de nos évéques en général, l'arbitraire et le bon plaisir, ou bien les plus hautes et les plus délicates inspirations du zèle pastoral.

La décision de ces placements et déplacements avait, à ses yeux, une telle importance, qu'elle ne pouvait se faire sans le conseil; toutefois, un pareil travail, dans sa première et profonde préparation surtout, « ne peut pas être fait, disait-il, dans un conseil nombreux. Les avis qui se

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