CHAPITRE XXI
aussi dans l'admiration. La fallait-il laisser plus longtemps à la porte de l'Eglise? Non ; il fit un signe, et elle partit pour Lacombe. On l'y accueillit comme une lille et comme une sœur. L'évêque lui demanda de faire une petite retraite préparatoire. Tout en elle trahissait la plus profonde joie: ses paroles, qu'on ne peut redire, ses silences, son recueillement en entendant la messe, ses larmes coulant à travers ses paupières baissées. Il ne lui restait plus ni hésitation, ni trouble; elle marchait vers Dieu avec une sérénité toujours plus radieuse : c'était comme une aurore grandissante. « Je suis déjà si heureuse, disait-elle, que sera-ce après?»
La petite chapelle fut parée comme pour une fête. Elle contint assez son émotion pendant l'abjuration et le baptême ; mais quand approcha le moment de la communion, son cœur éclata; puis le calme se ht, sa tête s'inclina sur ses épaules, ses yeux se fermèrent: son visage paraissait comme transfiguré par l'e\tase. « Où étais-je donc? demandait-elle plus tard : Dans le ciel? » C'était bien comme quelque chose des joies célestes que Dieu lui faisait goûter. Son bonheur pendant les jours qui suivirent est inexprimable.
Où est-elle aujourd'hui, cette généreuse enfant ? L'amour de la patrie anglaise ayant grandi dans son àme avec l'amour de Dieu, une inspiration héroïque la conduisit dans un couvent de Clarisses de son pays. Elle est là, depuis vingt ans, sous la bure, pieds nus, s'immolant, hostie vivante, dans la pénitence et la prière, pour la conversion de l'Angleterre.
EXTRAITS
Des SIX CENT TRENTE LETTRES adressées à l'évêque d'Orléans à l'occasion de son écrit sur la Convention et sur l'Encyclique, par l'épiscopat du monde entier l.
ÉVÈQDES FRANÇAIS
Lettre de M8* l'archevêque de Tours (aujourd'hui cardinal archevêque de Paris). — « Tours, 2 février 1865. Je sens le besoin, .Monseigneur, de vous féliciter, de vous remercier et de vous dire toute mon admiration. Vous avez rendu beaucoup de services à l'Eglise depuis que vous êtes évêque; celui-ci est le plus grand de tous. Votre écrit a opéré un véritable revirement dans l'opinion de toute une classe de laïques trompés par les mauvais journaux. Que Dieu garde longtemps à son Eglise un défenseur si puissant. »
Lettre du cardinal archevêque de Rouen. — « Rouen, le 28 janvier 1865. ...Au point de vue humain et égoïste, je pourrais avoir quelque regret, car vous avez écrit tout ce que je voulais dire, et sur la Convention et sur l'Encyclique, et
1. Deux évêques français seulement, tout en comblant d'éloges l'écrit, ont fait les observations que voici : M«* Plantier pensait que la seconde partie aurait pu être « plus complète * ; M°r l'archevêque de Toulouse avouait, entre l'évêque d'Orléans et lui, « quelques nuances ». Dans les autres lettres, nous n'en avons trouvé qu'une, celle d'un évêque italien, qui fit la même observation que M9r Plantier. Les lettres de tous les autres évêques sont, comme on en pourra juger par ces extraits pris au hasard, enthousiastes.
vous l'avez mieux dit. De plus, vous y avez ajouté beaucoup de preuves et de considérations qui m'auraient échappé, dont je n'avais pas les éléments, ou que je n'aurais pas su exposer comme vous... 11 n'importe, pourvu que le bien se fasse et que la cause de l'Eglise soit efficacement défendue. Recevez de nouveau, mon cher et vénéré collègue, mes félicitations de ce que Dieu vous a fait l'insigne faveur de défendre ainsi sa cause... >
Lettre du cardinal archevêque de Lyon. — « Lyon, le 10 avril 1865. ...Je m'associe à tous les applaudissements qui vous sont justement prodigués. Je suis encore sous le charme de tout ce que j'ai trouvé dans vos pages, d'utile, d'éloquent, de raisonnable... En lisant votre brochure, je ne pouvais m'empêcher de vous appliquer ce passage de Tacite dans son dialogue des orateurs : Quo torrente, quo impetu défendit. Je viens de lire la lettre que Sa Sainteté vous a adressée. Elle est la juste récompense de votre zèle... »
Lettre de M^r l'archevêque de Bourges. — « Bourges, le 12 février 1865. ...Si je n'ai pas envoyé plus tôt mes félicitations à Votre Grandeur sur la manière si énergique et si brillante dont vous avez défendu les actes du Saint-Siège, c'est que j'attendais une occasion, et c'est pour moi une vraie joie de vous dire que j'applaudis de tout cœur à votre immense succès. T>
Lettre de M^r V archevêque de Rennes. — « Rennes, le 19 février 1865. ...Je ne puis que répéter à Votre Grandeur ce qu'elle entend dire de toutes parts, à savoir : qu'elle a fait non seulement une belle œuvre, mais, ce qui est bien plus encore pour un évêque, une bonne œuvre, dont les résultats auront été immenses pour le bien de la sainte Église dans les circonstances graves où elle se trouve... »
Lettre de M^r V archevêque de Sens. — « Sens, 13 février 1865. ...Quel succès ! Dieu en soit béni. A lui la gloire, et à vous aussi l'honneur. C'est un immense service que vous avez rendu à la sainte Église... »
Lettre de M('r Vévêque de Carcassonne. — « Garcassonne, le 11 avril 1865. ...Il importait qu'une voix comme la vôtre affirmât hautement les principes de vie que le Souverain Pontife a si magnifiquement rappelés, et l'immense retentissement de
vos paroles a montré que la vérité n'était pas sans écho dans les cœurs. Pour ma part, Monseigneur, je vous remercie et vous
félicite... i
Lettre de M^r Vévêque de Troyes. — « Troyes, le 9 février 1865. ...Je recevais avant-hier, d'un de nos conseillers généraux de l'Aube, membre de l'ambassade à Rome, une lettre dans laquelle il me disait que le Saint-Père lui avait parlé de cet ouvrage dans les termes d'une vive approbation, et que cet écrit était destiné à dissiper le terrible malentendu qui venait d'agiter pendant trop longtemps les esprits et les consciences. »
Lettre de M9* Vévêque de Laval. — a Laval, 10 février 1865. ...Je viens de lire votre écrit à tête reposée. Soyez-en béni, Monseigneur. Jamais évèque, en ce siècle, ne rendit un plus 2rand service à l'Eglise. Merci, mille fois merci. »
Lettre de M9* Vévêque d'Amiens. — « Amiens, le 10 février 1865. ...Si je n'ai pas encore remercié Votre Grandeur, je l'ai mille fois bénie. Évèque, je dois mieux sentir et plus apprécier qu'un autre le service que vous venez de rendre à l'Eglise, et, votre ami, permettez-moi de le dire, je dois aussi en être plus fier... Il y en a qui auraient voulu que vous fussiez accablé sous ce coup, et c'est vous qui avez empêché qu'ils n'en fussent écrasés eux-mêmes... Que Dieu vous conserve, vous fortifie, et vous garde. L'Eglise a besoin de vous. »
Lettre de M'Jr Vévêque de Saint-Brieuc. — « Saint-Brieuc, 9 février 1865. ...Toute la partie qui regarde l'Encyclique mérite la reconnaissance de tous les vrais amis de l'Eglise, et votre admirable succès, que la Providence ne donne pas toujours à ses défenseurs, aura répandu dans l'Europe entière votre parole émue, dissipé bien des préjugés, et empêché bien des malheurs... »