‹ Vie de mgr. DupanloupChapitre 33 sur 231 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

tère, la cérémonie religieuse terminée, il voit passer un cuisinier ; étonné, il interroge, et il apprend qu'un grand dîner, grâce à la générosité d'un des paroissiens, avait été expédié de Paris. Sur-le-champ il fait atteler sa voiture, et va demander à dîner dans un presbytère voisin. La leçon était sévère ; mais ses intentions, sur ce point, furent à l'avenir respectées.

Tant de labeurs étaient-ils en vain? Non, certes, et il était promptement parvenu à ces deux grands résultats : que tout, presque toujours se passât pendant la cérémonie à sa grande satisfaction, lui sur ce point si difficile à satisfaire; et que la Confirmation fût, pour une paroisse, ce qu'il avait souhaité, un puissant ébranlement religieux. On peut suivre dans ses différentes lettres pastorales la trace de ses efforts, et constater les succès dont ils sont couronnés. Dans son mandement du Carême de 1854, où il annonce sa résolution de visiter désormais toutes les paroisses de son diocèse, il gémit encore; mais déjà, après cette première grande visite pastorale, les germes jetés les années précédentes commençant à donner leurs fruits, il constate de consolants résultats :

« Donnez-moi douze prêtres qui soient des apôtres, disait saint Philippe de Xéri, et je convertirai le monde... » Eh bien, Messieurs, grâces en soient rendues à Dieu, c'est ici ma plus douce consolation, la plus grande que j'aie remportée de ma visite : ces apôtres qu'il nous faut, nous en avons déjà un bon nombre i Je le savais, mais je l'ai vu de plus près, et nous en aurons toujours de plus en plus. »

Dans la grande lettre pastorale du 27 juin 1857, il est comme triomphant : « Je visitais hier, disait-il, la dernière des quatre-vingts églises dans lesquelles, à dater du 15 octobre dernier, j'ai dû donner le sacrement de Confirmation, et aujourd'hui je sens le besoin de nrentretenir avec vous des bénédictions qu'il a plu à Dieu de répandre sur nos communs travaux. Ces bénédictions ont été bien grandes..., plus grandes qu'elles n'avaient jamais été ni pour vous ni pour moi, depuis huit années que je mêle mes sueurs aux vôtres pour la culture de ce grand diocèse;

partout j'ai vu, j'ai constaté des biens solides, profonds, effectifs, et, dans un très grand nombre de paroisses, des succès vraiment extraordinaires couronnant des efforts dignes de tout éloge. »

II put donc ainsi plusieurs fois, pendant son épiscopat, visiter toutes les paroisses de son diocèse. Dans "les dernières années, les fatigues de sa santé, et les accablements des affaires publiques, l'obligèrent à se faire remplacer pour les grandes tournées : NX. SS. Maret, évèque de Sura, de Charbonnel, ancien évèque de Toronto, M?r de la Iïailandière surtout, ancien évèque de Vincennes, le suppléèrent fréquemment, et ont laissé dans le diocèse d'Orléans, partout où ils ont passé, un souvenir vénéré ; mais i! ne cessa jamais, chaque année, de donner lui-même un grand nombre de Confirmations partielles. Ses pas, pendant trente ans, ont parcouru en tous sens son beau diocèse; les accents de sa grande parole ont partout retenti, dans les plus humbles villages comme dans les villes. Bien que la moisson n'ait pas répondu à tous ses désirs, les pàques, au bout de quelque temps, «doublées et même triplées», ont attesté que le sol Orléanais n'a pas été un sol ingrat, et la semence jetée par lui continue à fructifier toujours.

Ses travaux pour transformer dans son diocèse les catéchismes furent plus considérables encore.

« Si je dois laisser quelque chose après moi sur la terre, c'est l'œuvre des catéchismes et des Petits Séminaires. » « Le bon Dieu m'a fait évèque pour achever, pro meis i tribus, ces deux œuvres, les catéchismes et les Petits Séminaires. » L 'évèque d'Orléans écrivait», ces paroles au commencement de son épiscopat en 1850 et 1852; à ces deux œuvres, en effet, plus qu'à aucune de celles qui l'ont occupé, il a mis toute son âme et tout son cœur.

En ce qui concerne les catéchismes, il avait presque à révéler l'œuvre, tant elle était conçue et exécutée dans son diocèse, quand il y arriva, d'une façon différente de la sienne.

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