CHAPITRE IV
de semaine, nom qu'il aimait, el qui est resté au catéchisme immédiatement préparatoire à la première communion, parce qu'il se faisait, non plus le dimanche, mais dans la semaine. Quelques jours avant l'ouverture de ce catéchisme, il fit venir celui auquel il voulait le confier, et lui expliqua l'action pastorale qu'il devait avoir là, tout ce qu'il devait se donner de soins et de peines pour arriver à la nécessaire conversion de ces jeunes âmes; car ce catéchisme est et doit être cela : une œuvre de conversion; il lui dit ce que son catéchisme de semaine lui coûtait à lui-même de travaux et d'efforts. « C'est là, disait-il, qu'on est pasteur et père. Mais il faut s'y donner tout entier. Pour moi, j'y employais la plus grande partie de mes journées. Mais aussi, ajoutait-il, quels résultats! » Et, s'enthousiasmant à ces souvenirs : «Voyez- vous, mon ami, disait-il, nous transformions les enfants. » Il transformait aussi, par de telles révélations et de telles exhortations, ces jeunes prêtres.
L'œuvre de rénovation accomplie, les catéchismes réorganisés, et, pour ainsi dire lancés, l'évèque les suivit attentivement du regard. Un jour, il s'enquit du nombre des analyses au catéchisme de persévérance : il était respectable; l'évèque cependant ne trouva pas que ce fût assez : il promit des récompenses si l'on arrivait au chiffre de deux cents : les récompenses furent gagnées. Un autre jour, il vint assister à une réunion du catéchisme de persévérance, accompagné de son secrétaire, qui, de temps en temps, sur un signe de lui, prenait des notes. Le lendemain, les catéchistes furent appelés : l'évèque, mais il avait fallu pour cela son regard et sa science consommée de l'œuvre, avait remarqué trente-trois fautes commises dans ces deux heures. C'est par une telle attention aux détails, el par des instructions aussi précises, qu'il put former à Orléans une école de catéchistes qui, avec le feu sacré mis dans leurs âmes par cet éminent catéchiste et dont ils n'ont pas laissé s'attiédir la flamme, ont su maintenir à la cathédrale les vraies et grandes traditions catéchistiques.
Naturellement, les autres paroisses de la ville d'Orléans
imitèrent cet exemple. Les jeunes filles et les jeunes gens se répartirent dans leurs paroisses respectives. L'œuvre des catéchismes se trouva fondée dans toute la ville.
Et en même temps, i'évèque entretenait avec les curés les plus intelligents et les plus zélés du diocèse une active correspondance, stimulant, encourageant de toutes manières leurs efforts pour renouveler aussi leurs catéchismes; ce qui se tenta ainsi, dans le diocèse d'Orléans, sous l'impulsion de l'actif évèque, pour cette si importante partie du ministère des paroisses, est admirable! Il garda soigneusement cette correspondance, et en fit un large emploi quand il écrivit ce beau livre sur le catéchisme dont nous allons tout à l'heure parler. Tels furent ses premiers travaux pour celte œuvre qu'il avait tant à cœur.
Il la poursuivra, sans la perdre de vue, pendant tout son épiscopat. Plus spécialement au commencement de l'année 1859, il y voulut revenir, et il conçut la pensée d'expliquer au clergé tout entier de la ville d'Orléans cet important ministère, dans une série de conférences. 11 en fit cinq pendant le mois de février, dans la salle des exercices du Grand Séminaire : ces conférences, à travers les appréhensions douloureuses que les bruits de guerre jetaient alors dans son àme, « furent, dit-il, très suivies, très utiles ». Les prêtres de la ville épiscopale et des paroisses environnantes y accoururent en foule.
Ces instructions furent si goûtées qu'un peu plus tard encore, il songea à les répéter à tout le clergé diocésain dans une Lettre pastorale où il traiterait à fond ce grand sujet. D'ailleurs, c'était l'œuvre par excellence de sa vie; ce qu'il avait la-dessus dans l'àme, il se croyait un impérieux devoir de le communiquer à son clergé et à l'Eglise. « Oh ! écrivait-il sous l'œil de Dieu, comme il importe que je dise tout cela avant que mon cœur ne s'éteigne! » Voilà de quelle inspiration d'àme jaillit la grande Instruction pastorale de 1864 sur les catéchismes1. Là, il exhortait vivement les cures de son diocèse a établir