CHAPITRE IV
paration sérieuse, é'est l'épreuve et la preuve publique du savoir; c'est l'exemple, c'est l'émulation, c'est l'honneur. A la différence de certains esprits étroits et timides qui les redoutaient, faisant passer ici les petites raisons devant les grandes, lai en appelait de tous ses vœux le rétablissement comme un retour aux meilleures traditions de l'Eglise. « C'est à l'Eglise, on le sait, écrivait-il à son clergé, que le monde doit la première pensée de ce> épreuves et de ces nobles récompenses de la science; c'est l'Eglise qui, la première, institua en Europe ces grands examens publics, ces libres et généreux concours, ces grades, ces thèses solennelles, et tous ces moyens si puissants de l'émulation scientifique et du progrès littéraire. » Entrant dans ses pensées, le Saint-Père, par un bref du 25 janvier 1855, l'autorisa, pour huit années d'abord à conférer les deux premiers grades théologiques, le baccalauréat et la licence; quant au doctorat, on devait aller le prendre à Rome même. Sûr de sa doctrine, comme disent les brefs, le Pape renouvellera plusieurs fois encore ces induits.
Ce fut pour le laborieux évèque l'occasion d'une grande et magistrale Instruction à son clergé, accompagnée de Règlements relatifs aux études ecclésiastiques dans son diocèse. — 9 avril 1855. Il y règle l'ensemble entier des études dans tous leurs détails, depuis les premières études des enfants jusqu'à celles des séminaristes et des prêtres, depuis la grammaire jusqu'aux grades théologiques les plus élevés. «C'est que, disait-il, dans l'editice de la science, comme il y a les glorieux sommets, ii y a aussi les humbles fondements sur quoi tout repose ; ici plus qu'en aucune autre chose, les moyens en apparence les plus petits sont la base nécessaire de tout ce qu'il y a de plus grand, de plus solide, de plus élevé, déplus durable.» Il est donc question dans cette Instruction : 1° Des écoles presbytérales dans les paroisses, et là il démontre, en grand détail, l'utilité capitale de ces écoles pour discerner et faire éclore les vocations; ses conseilsur ce sujet seraient une vraie lumière pour tout bon prêtre qui voudrait, dans les loisirs de son ministère.
essayer cette œuvre si éminemment sacerdotale, et pour tous les directeurs de maîtrises aussi :
2° Des études des Petits Sétninaires: Non seulement le niveau pour chaque classe, niveau grammatical, littéraire et scientifique, mais encore Yo/rfo docendi et discendi, étaient là magistralement déterminés et expliqués:
3° De la science sucrée et des études des Grands Séminaires : Mieux que toutes paroles, cette partie de son Instruction, si nous pouvions la placer sous les yeux du lecteur, montrerait combien cet évêque faisait tout ce qu'il pouvait pour mettre l'aiguillon sacré au cœur de son clergé, en l'absence de ces universités catholiques qu'il devait un jour conquérir ;
4 Des études et des examens des jeunes prêtres:
5° Des conférences ecclésiastiques;
6° Des grades théologiques : là, l'évéque en exposait les avantages, et réglait, avec précision et toutes sortes de prévisions, la mise en pratique de cette féconde institution;
7 Des langues sacrées, c'est-à-dire du latin, du grec et de l'hébreu.
L'Instruction s'achevait par des détails sur les bibliothèques pour servir aux études du clergé : bibliothèques particulières, bibliothèques presbytérales, c'est-à-dire attachées à perpétuité aux presbytères, bibliothèques cantonales, et enfin grandes bibliothèques diocésaines.
« C'est peu d'avoir écrit ces choses, disait-il en terminant, l'exécution est tout ici : et pour cela, seuls nous ne pouvons rien. » Mais son devoir d'excitateur, c'est-à-dire tout ce qu'on peut demander à un évêque, certes, il n'y faillissait pas. Disons, à l'honneur du clergé Orléanais, que ces efforts de son vaillant évêque n'étaient pas stériles.
Il avait déjà transformé en quelque sorte le Grand Séminaire, par divers agrandissements, qu'il compléta par ce beau sanctuaire ajouté à la chapelle: pour donner aux examens et aux soutenances des thèses la solennité désirable, il créa encore cette belle salle, appelée salle des thèses : les examens s'y tirent avec le plus grand éclat ; la soutenance des thèses donna lieu aux joutes les plus intéressantes. La première fois que cette solennité théologique